<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597</id><updated>2012-01-11T09:01:48.378-08:00</updated><title type='text'>Ce qui était Poussière</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>32</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-824323817067398605</id><published>2009-07-22T06:33:00.001-07:00</published><updated>2009-07-22T06:37:20.001-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 03 - Quelques Reflets sur un Dai de Nuages - Segment 3</title><content type='html'>                Dociles, les heures paradaient en bombant le torse. Un à un, les jours se donnaient la main, aucun nuage n’occultait plus ce nouveau ciel élevé des vestiges de l’ancien, dont il transcendait les frontières, comme si cette sérénité de composition pouvait durer toujours, sans la moindre seconde d’exception. Pourtant, un matin que rien n’aurait dû différencier des autres, tout bascula.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Remontant du sous-sol, Philip désengageait les verrous de sécurité lorsqu’il crut percevoir des échos de voix au-delà les murs : échos d’une voix d’enfant, lointaine, meurtrie, déchirée par le deuil et l’insatisfaction. Il n’en fallut pas plus pour que l’inquiétude le prenne à la gorge : la porte n’avait pas encore entièrement coulissé sur ses rails qu’il se précipitait dans le salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-	Hélas !, soupira Eléanore sans se retourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Elle était tellement concentrée, tellement plongée dans ses pensées qu’elle ne l’avait même pas entendu accourir : menton droit, mains tendues, face à la vitre, elle implorait l’azur avec une ferveur si poignante qu’il ne put s’empêcher de s’avancer, subjugué par un spectacle qui ne manquait pas de poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       De poésie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Elle parlait, simplement. Parlait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        Mais oui ! ! Qu’elle parle encore, cette Enfant-Fée ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;     Soudain, elle est si belle : plus belle, bien plus, que l’éternité où je me suis égaré, plus que la clarté des souvenirs et des temps révolus aux mille cristaux d’étoiles ! Plus délicate que l’étoffe des nuées, plus aérienne que l’air ! Merveille entre toutes les merveilles, joyau entre tous les joyaux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                 Un petit ange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                    Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                              Une princesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;         -           O Roméo ! Roméo !, déclamait-elle avec emphase. Pourquoi donc es-tu Roméo ?&lt;br /&gt;               Renie ton père et renonce au nom que tu portes.&lt;br /&gt;               Ou si tu ne veux pas, jure de m’aimer,&lt;br /&gt;               Et je ne serai plus une Capulet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Enivré par les mots, leur exquise résonance, il en oublia le réel, ce cadre artificiel qui était censé l’entourer, ne sachant plus s’il devait en écouter davantage ou lui révéler sa présence. Incapable de se décider, il fit discrètement demi-tour et s’en alla se poster à l’angle de la pièce, derrière ce paravent complice qu’elle-même avait souvent utilisé afin de l’épier « en secret ». Or, s’il commença par sourire de ce renversement des rôles, sa bonne humeur s’évanouit d’elle-même tandis qu’il regardait jouer la petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Une petite fille ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Quelle petite fille ! ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Une singulière distorsion gagna le salon, effaça les murs alentours, le projetant ailleurs, dans une nouvelle chimère, un nouveau songe qu’il se rappelait clairement et à travers lequel il revenait sur Terre.&lt;br /&gt;                                                   &lt;br /&gt;               Une cour agrémentée d’arbustes, une nuit profonde, décorée de constellations, et lui, debout, les bras ballants, au pied d’une imposante bâtisse, intimidé tant par ses dimensions que par l’impression de luxe qui s’en dégageait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Dressées comme une forêt de pierre, d’innombrables colonnades soutenaient une façade dont le marbre hébergeait Naïades, Ondines et autres fantaisies aquatiques aux joues de chérubin, elles-mêmes bordées par un jardin où l’eau des fontaines faisait comme du diamant ou des perles de lune, éclaboussant les ombres de ses gouttes argentées, lui laissant deviner une silhouette féminine, penchée au balcon de granit qui prolongeait sa chambre, rêvant, soupirant, murmurant pour elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murmurant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, au fait, que murmurait-elle, et quelle était la cause de sa mélancolie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Prudent, il s’approcha, se découvrant assez pour surprendre des bribes de son monologue pendant que dans sa tête, un espoir insensé était en train de naître. Si seulement, oh !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                        Si seulement elle pouvait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Il s’arrêta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                        Mais oui ! Bien sûr !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       C’était de lui, dont il était question !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                     De lui et de nul autre ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il ne pouvait pas se tromper, elle venait de le chuchoter, de le lui confesser sans en avoir conscience - elle qui se pensait seule ! -, et cet aveu involontaire fut suffisant pour toucher son esprit, ouvrir son cœur, balayer ses barrières. Devant tant de splendeur, il en oublia toutes les autres - toutes celles qu’il avait pu aimer, par le passé, qu’elles aient fini ou non par lui rendre la pareille -, oublia jusqu’à l’insignifiante Rosaline dont il se languissait encore le matin-même... Perçant l’obscurité, le vert de ses yeux luisait d’un éclat vibrant, alchimique, et ses longs cheveux d’or descendaient dans son dos en traîne immaculée. Quant à la tenue qu’elle portait… La soie en paraissait si fine qu’elle la ceignait d’un châle d’éther et de brume enlacés : distinguée, mais sans arrogance, troublante et sobre. Tout à la fois : simple, raffinée... Etait-ce la robe qui mettait la femme en valeur, ou était-ce le contraire ? Il n’aurait su le dire. Cette inconnue lui semblait tellement belle et en même temps, tellement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                              Immatérielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-	Ton nom seul est mon ennemi, philosophait-elle, solennelle, s’adressant à la voie lactée. Tu n’es pas un Montaigu, tu es toi-même. Car qu’est-ce qu’un Montaigu ? Ce n’est ni la main, ni le pied, ni le bras, ni le visage, ni aucune autre partie de la personne humaine. Oh, sois quelque autre nom ! Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait tout autant, quel que soit celui qu’on lui donne. Ainsi, quand bien même Roméo ne s’appellerait plus Roméo, il conserverait ses chères perfections… Roméo, renonce à ton nom et à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, reçois-moi toute entière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               La tirade fit s’ébrouer un frisson, qui devint sensation d’ivresse, qui devint tourbillon de sensations nouvelles, qui l’entraîna loin du monde qu’il croyait connaître, de l’individu qu’il avait été jadis, jusqu’à ce qu’un sursaut prématuré vienne délier sa langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-	 Je te prends au mot !, s’exclama-t-il sans savoir ce qu’il faisait. Appelle-moi juste « amour » et je recevrais mon nouveau baptême. Dès lors, je ne serai plus Roméo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Angoisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Consternation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Cette réplique inattendue rompit l’harmonie, faussa l’accord, répercuta une dissonance qui s’amplifia graduellement, chassant la magie de la scène, ramenant le salon, gommant le balcon, les jardins, le marbre, les colonnades, emportant Juliette à leur suite. En lieu et place, Eléanore frémit, recula de deux pas, passa par un rouge écarlate avant de devenir plus pâle que sa chemise de lin. Son hôte n’en fut que plus embarrassé : faute de discernement, il était entré de plein pied dans son univers intérieur, s’y était promené sans y être invité ou en éprouver de remords... Tout ce qu’il avait vu, par conséquent, il le lui avait dérobé. C’était impardonnable, il le savait, aussi voulut-il rattraper son indélicatesse en la félicitant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-	Tu n’as pas à rougir. C’était vraiment très bien. J’aurais dû t’avertir que j’étais de retour mais  tu récitais avec tant de fougue que je n’ai pas pu t’interrompre. Je te demande pardon.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-824323817067398605?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/824323817067398605/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=824323817067398605' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/824323817067398605'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/824323817067398605'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/07/mouvement-03-quelques-reflets-sur-un_22.html' title='Mouvement 03 - Quelques Reflets sur un Dai de Nuages - Segment 3'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-7717136330749239913</id><published>2009-07-14T10:14:00.000-07:00</published><updated>2009-07-14T10:16:29.467-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 03 -  Quelques Reflets sur un Dais de Nuages - Segments 1 et 2</title><content type='html'>La lumière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A l’infini, il y avait la lumière, fuyante, chaude, veloutée... Une lumière brute, terrible, omniprésente, mais douce encore, suave, pleine de délicatesse. D’un bout à l’autre, la lumière baignait l’horizon et ce n’était ni l’aplomb du soleil perçant au travers des nuages, ni ses reflets sans vie sur une rivière gelée, ni même le halo de la planète bleue suspendue dans ciel. Il n’y avait pas d’excès, de prétention dans cette lumière. C’était une clarté véritable, un flamboiement céleste, un poème de tous les instants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pour Philip, les années d’obscurité, ces longues et mornes décennies de calvaire étaient loin, à présent. Terminées, les matinées sans couleur : l’aube resplendissait de félicité, le monde auquel il était habitué prenait un tour plus riche, plus clair, plus nuancé. Grâce à Eléanore - si c’était bien son nom -, chaque jour qui se levait était un nouveau jour et chaque nuit, une promesse de lendemain, bouleversant au passage la trame d’un univers qui manquait de matière et où se confondaient le réel et le ressassé. L’improbable équilibre dont il était le maître d’œuvre avait été brisé, emportant avec lui la boucle et ses éternels retours en arrière, lui ouvrant la voie vers… Qu’importe ! Les vieilles histoires pouvaient se clore, et d’autres recommencer à naître. Les étoiles avaient retrouvé leur raison d’être, le temps avait repris son cours… Le firmament s’ouvrait, transfigurant les perspectives. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Et si, sans le savoir, c’était ce qu’il avait attendu pendant tant d’années ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                     Et si c’était précisément ce qu’il avait souhaité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                    Une petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumière incarnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Plusieurs semaines passèrent sans se faire remarquer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Très vite, Eléanore avait trouvé ses marques, adoptant aussi bien le cadre - fantomatique - que son mystérieux occupant - très agréable, malgré ses côtés taciturnes -. Evidemment, elle n’était pas complètement dupe de la comédie qu’il jouait : même s’il lui souriait lorsqu’il inventait ses histoires, toujours, elle pouvait sentir ses blessures par-delà son sourire, tout comme elle pressentait que rien ne pouvait les soigner, qu’elles ne se refermeraient pas. Trop excessive pour être crédible, sa bonhomie masquait à peine le vide ouvert au fond de lui, les affres d’un égarement qu’il essayait de dissimuler sous des airs enjoués sans jamais totalement y parvenir : dès qu’il se croyait seul, ceux-ci disparaissaient d’eux-mêmes, cédant place à une nostalgie qui creusait plus nettement les rides sur son visage. Tout semblait devenir vague, pour lui : le gris de ses iris se fonçait de deux teintes et il restait des heures prostré dans un retrait morbide à contempler le ciel. Alors, il retrouvait la solitude, la vraie, cette seconde loi universelle qui était aussi son unique compagne depuis que l’Humanité n’était plus, dont il portait les marques comme des trophées de guerre. Renonçant à guérir, il se réfugiait dans la nostalgie, dans la musique, les livres, les réminiscences d’une mémoire en décomposition, perdu dans des souvenirs aux trois-quarts estompés et dans des noms qui ne signifiaient rien, même pour ce qu’il était... Perdu pour lui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Perdu pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bord du précipice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pendant qu’elle l’observait, à l’angle de la maison, qu’elle le surveillait en cachette - si pâle, si douloureusement pâle ! -, affalé dans son canapé, bercé par le chant de sirènes sans âme, elle souffrait sincèrement de le voir si désabusé parce qu’elle le comprenait, parce qu’elle savait ce qu’il cherchait en s’isolant ainsi, et parce qu’elle ne pouvait pas se permettre de le laisser faire. Insidieusement, par petites touches, elle entreprit de chasser cette morosité qui courbait ses épaules, usant de chemins détournés pour l’amener à abandonner ses réserves, à se montrer plus aimable, plus honnête. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;                Dorénavant, hors de question pour elle de s’en aller courir après les papillons quand il disait « avoir à travailler », bien au contraire : multipliant les attentions à son égard, elle s’imposa, prit sa place dans son quotidien, énumérant ses songes, ses projets, ses espoirs, les aventures qu’elle s’inventait la nuit quand elle ne parvenait pas à dormir. Sans qu’il ait à le demander, elle lui parlait de cette Terre étrangère où elle avait grandi ; non pas la Terre mythique dont il protégeait le souvenir mais celle où elle avait vécu : ces landes arides, ces forêts luxuriantes, ces successions sans fin de déserts inhospitaliers... Quelques poutrelles, montant à l’improviste d’un bosquet de verdure, émergeant ça et là d’entre les dunes de sable. Des ruines, des ombres, des fantasmagories… Pour lui, elle décrivait minutieusement les animaux sauvages, les étranges créatures qu’elle avait croisées sur sa route et qui l’avaient mise en péril, parfois, évoquant tour-à-tour les fleurs multicolores grandes comme des arcs-en-ciel, les averses estivales, les senteurs de fougères mouillées, le goût des baies de lavandine. A sa manière, elle évoquait la vie : comment elle s’adaptait, comment elle tenait bon, comment elle prenait le dessus malgré la guerre, la mort, la destruction… Ce faisant, elle pouvait lire dans son regard un intérêt qui allait croissant, avec un espoir qui semblait sur le point de renaître… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                   Un espoir qu’il avait cru mort, sans doute. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                &lt;br /&gt;                Elle aurait pu s’en tenir là, bien sûr, seulement ce n’était pas son genre : déterminée à l’empêcher de lâcher prise, patiente, elle l’obligea à mettre des mots sur ce qui le rongeait et qui l’entraînait peu à peu vers l’anéantissement. Les Hommes, le monde d’Avant, la précédente Eléanore… Les premières fois, comme elle s’y attendait, il fut tellement laconique qu’elle dût redoubler de persévérance pour lui arracher ne serait-ce qu’un début de phrase, cependant il en fallait plus pour la décourager. Ainsi, progressivement, un changement s’opéra : déjà, il discutait avec moins de difficultés de l’Humanité, de son univers, sa vie d’alors, y voyant vraisemblablement une occasion en or d’éterniser ce qui n’était que des mirages, leur donnant une chance de survivre à travers cette enfant comme des histoires, des contes de fées, allégeant le fardeau dont il s’était condamné à porter le poids. De son côté, la fillette ne put que s’en réjouir, ravie de l’avoir auprès d’elle dès qu’il avait terminé son travail et de le retrouver chaque jour un peu moins grave. Car c’était tout ce qu’elle désirait, en définitive : qu’il tourne le dos à d’obscures préoccupations pour l’emmener au pied de la colline, lui apprendre le nom des fleurs et des arbres, lui expliquer comment les reconnaître à la forme de leurs feuilles, s’occuper d’elle, tout simplement… Tant pis s’il évitait soigneusement d’aborder la question de sa défunte épouse, elle l’acceptait sans amertume, respectant le secret de son intimité. Il avait fait tellement d’efforts, pour elle ! Lorsqu’il lui souriait, elle ne sentait plus de tristesse, plus de douleur au-delà de ses lèvres mais, au contraire, les germes d’une vie en devenir, d’un recommencement qu’elle souhaitait commun. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Conscient de ce qu’il lui devait, il lui avait enseigné comment accéder à la bibliothèque à partir de n’importe quel infoterminal, partageant avec elle ce qu’il avait toujours considéré comme son trésor : aussitôt, elle s’était prise de passion pour la littérature, engloutissant les livres à une cadence surnaturelle, passant d’un genre à l’autre sans l’ombre d’un préjugé. Pièces de théâtre, biographies, romans à l’eau-de-rose… Depuis, elle avait pris l’habitude de lire sagement dans son coin jusqu’à ce qu’il se soit acquitté des principales tâches à l’ordre du jour, puis ils allaient flâner dans le jardin, imaginant mille nouveaux jeux qu’elle remportait chaque fois dans une cascade de rires. A sa requête, il avait même construit un abri pour oiseaux qu’il avait accroché sur une branche d’Yggdrasill, où un couple de mésanges s’était vite installé. Elle aimait surveiller leurs allées et venues en écoutant les trilles qu’ils improvisaient à son intention. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Promenades interminables et discussions sans fin : voilà à quoi se résumaient leurs deux existences, désormais. Son travail n’accaparant le jeune homme pas plus d’une poignée d’heures, il n’était jamais absent bien longtemps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                           Au fait, oui, son travail... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un vrai mystère en soi. Où pouvait bien mener la porte dans le fond de sa chambre - celle qu’il verrouillait avec soin, une fois refermée derrière lui - ? Et qu’allait-il faire de l’autre côté ? ! Elle avait beau l’interroger, exiger des explications, il trouvait systématiquement le moyen de se défiler. « Tu ne peux pas m’accompagner, avait-il déclaré, aussi diplomatiquement que possible, un soir où elle n’avait pas voulu rester en arrière. C’est un travail d’adulte, et j’ai besoin de calme pour le mener à bien ». A quoi il s’était hâté d’ajouter : « de toute façon, c’est une corvée sans intérêt. Je doute que ça te plaise ». Un peu plus tard, quand elle avait voulu savoir en quoi cette corvée consistait, il s’était contenté d’un évasif : « j’essaie d’empêcher que certaines erreurs ne se répètent ». Comprenant qu’elle n’aurait jamais le fin mot de l’histoire, elle avait fini par capituler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ainsi, les semaines se suivaient imperceptiblement et tout se transformait dans leur sillage : un parfum de printemps avait investi la colline, embaumant la maison qui trônait au sommet et l’arbre qui la veillait. Peut-être, effectivement, arrivait-il encore à Philip de se replonger dans ses rêveries autistes ou à Eléanore de s’éveiller au milieu de la nuit en pleurant à chaudes larmes, cependant les plaies du passé cicatrisaient au fur et à mesure que leur bonheur présent prenait de l’importance. La Vie, dorénavant, ils apprendraient à l’apprécier ensemble. Avec elle : l’indolence, le vent, la plénitude. Avec elle : le soulagement de ne plus être seuls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Se remémorant les journées d’antan, ces heures creuses, monotones, qui s’étaient succédées en vain, Philip se surprenait à constater : « j’étais mort et maintenant, je vis. Grâce à elle, j’ai ressuscité, au moment-même où j’aurais pensé ne plus le pouvoir ». Des décennies durant, il avait confondu vivre avec subsister, mais c’était terminé : elle était revenue, elle avait effleuré son front et l’avait décillé. C’était un cadeau formidable, dont il connaissait la valeur, aussi la laissait-il se blottir dans ses bras chaque fois qu’elle en éprouvait la nécessité, laissant les contes venir à lui en totale liberté, car c’était tout ce qu’il pouvait lui donner en échange. C’était peu, en un sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                En un sens, c’était plus qu’il ne l’imaginait&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-7717136330749239913?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/7717136330749239913/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=7717136330749239913' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7717136330749239913'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7717136330749239913'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/07/mouvement-03-quelques-reflets-sur-un.html' title='Mouvement 03 -  Quelques Reflets sur un Dais de Nuages - Segments 1 et 2'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-8553647676620112064</id><published>2009-03-30T04:36:00.000-07:00</published><updated>2009-03-30T04:40:22.970-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 11</title><content type='html'>Confortablement installée dans le lit de sa chambre, somnolant à moitié, Eléanore détaillait le plafond, parcourant un à un ses rubans de motifs pastels : bleu-nuit, bleu-vert, vert d’eau, vert tendre… Progressivement, elle s’endormit, son esprit s’évada. Les heures se succédèrent, se diluèrent dans le tic-tac d’un balancier, le ronronnement des moniteurs, le craquement du plancher...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                S’éveillant en sursaut, elle se redressa subitement. Dans son sommeil, elle avait cru entendre quelqu’un qui l’appelait, quelqu’un qui la veillait sans être à ses côtés, qu’elle avait déjà rencontré sans avoir jamais croisé son chemin… A nouveau, ce cauchemar ? Comme pour le confirmer, le silence s’épaissit, l’amenant à conclure à un mauvais tour de son subconscient. Sur le qui-vive, elle se roula en boule, se pelotonna dans ses couvertures comme derrière un rempart de soie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Eléanore, murmura Philip au creux de sa nuque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                         Philip ? ! Si tard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          Non… Ce n’était pas lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                Ou du moins, pas vraiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Cette voix. Elle la reconnaissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Sylph, lâcha-t-elle, glaciale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je vois que tu ne m’as pas oublié, remarqua l’Autre, sans noter l’hostilité dont elle faisait preuve à son égard. Je suis content.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Loin de partager un tel enthousiasme, elle fronça les sourcils en remontant ses draps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                      Est-ce que je rêve, ou bien…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le sujet l’inspirant, la Voix sonna d’une ironie mordante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Peut-être, au fond. Qui sait quand nous rêvons, quand nous avons les yeux ouverts ? ! Peut-être sommes-nous à la frontière ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     A la frontière ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     A la frontière, exactement. A mi-chemin entre le songe et la folie, entre la dure réalité et une histoire en palimpseste, entre l’éclat de la lumière et l’obscurité du néant. La vanité de l’existence, la sérénité du trépas… Mais peut-être sais-tu mieux que moi de quoi je veux parler, n’est-ce pas, Eléanore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Son interlocuteur avait sciemment marqué l’accent sur le point d’interrogation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qu’est-ce que tu veux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Etre ton ami, c’est tout. Tu ne l’avais pas deviné ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     J’ai déjà un ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Bien sûr. Et moi, j’ai déjà eu l’occasion de te mettre en garde contre l’individu que tu nommes… Elle ricana. Ton ami. Il faut que tu t’y fasses, Eléanore. Tu n’es plus sur la Terre, ici, tu es dans son domaine : les choses n’y sont pas ce qu’elles paraissent être - et les plus innocentes, en apparence, sont aussi les plus dangereuses -. Par conséquent, méfie-toi d’elles, c’est un conseil. Un vrai conseil, de véritable ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Une nouvelle fois, elle fouilla les lieux du regard en quête d’une silhouette, d’un mouvement, d’une chair qui rendrait l’importun moins inquiétant, mystérieux, chimérique… Cependant c’était peine perdue car il n’y avait personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qui es-tu ?, risqua-t-elle, ainsi qu’elle l’avait fait la veille, espérant une réponse plus consistante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle n’obtint rien de tel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Dois-je te le répéter sans fin ? Je suis le dernier Sylphe et toi, à ce que l’on raconte, la dernière des Dryades. Aussi, quel joli couple nous formerons ! L’Arbre et le Vent, unis comme aux glorieux temps de l’Age d’Or !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                L’intuition s’imposant, les traits de l’enfant s’éclairèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu es Eléanore, c’est ça ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Interloqué, l’Esprit se moqua d’elle :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     N’est-ce pas plutôt à moi de poser cette question ? Je te l’ai dit : je suis l’Esprit de la maison. Seuls restent les noms que je m’invente. Ce qui n’empêche pas que tu peux me faire confiance : moi, je ne tricherai pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Cette douceur, cette sincérité… Voilà qu’elles devenaient poignantes ! Jamais Philip ne s’était exprimé ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Tortillant ses mèches, elle n’en était que plus indécise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est que … Tu me fais peur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     J’en suis navré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aux échos lourds qui pesaient sur la phrase, elle sut qu’il ne lui jouait pas la comédie. Peiné, il l’était véritablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est juste que je suis un Esprit : j’adore multiplier les tours, jongler avec les mots, m’exprimer par énigmes. Malgré tout, il n’y a pas de malveillance dans mes paroles, je te le jure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     En ce cas, peut-être qu’on pourrait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Rêver ensemble, comme deux survivants de l’ancien Royaume ? ! Rire en silence et danser dans nos têtes ? ! Evidemment, que l’on pourrait ! Je t’en supplie, accepte ! Tu verras, en ma compagnie, tu te sentiras plus sereine, plus à ton aise, comme si tu revenais chez toi après une longue absence. Je connais des histoires de Fées, de Dragons, de Lutins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                        Des histoires d’Hommes et de Déesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     En t’écoutant, j’aurais l’impression de trahir Philip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ce ne sera qu’une impression, crois-moi. Par le passé, lui-même a trahi trop de gens qui le tenaient en haute estime et qui l’ont trahi en retour. Il mérite qu’on le plaigne, pas que l’on conspire contre lui, en conséquence de quoi… Si tu veux lui donner sa chance, je n’y vois pas d’inconvénients. Seulement n’oublie jamais que lui, c’est un… Humain. Un adulte, qui plus est. Avec de l’habitude, il pourra être gentil, serviable - galant, même, s’il fait des efforts -, mais il est trop sévère, il ne saura pas s’amuser comme il devrait le faire. Si tu recherches quelqu’un pour s’occuper de toi quand tu as le cafard, quelqu’un pour partager mille et unes fantaisies, par contre, je serais là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     En effet, ça parait tentant. Si tu ne nous causes pas d’ennuis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Allons, jeune demoiselle, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? ! Jamais je ne ferais quelque chose qui pourrait te nuire, jamais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Si tu promets, oui, je veux bien. Mais fais très attention. Si tu t’avises de me tromper…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Impatient, Sylph l’interrompit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Promis, cela n’arrivera pas !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A quoi il ajouta, plus calme :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     En échange, je demanderai une faveur. Ne rapporte plus nos conversations à Philip. C’est quelqu’un de très strict, il nous interdirait de discuter ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Parce qu’il ne comprend pas. Sur l’échiquier de la vie telle qu’il la conçoit, je suis la seule pièce dont il ne peut pas prévoir les déplacements. Bien qu’il soit persuadé du contraire, je suis beaucoup plus libre que lui ; et cette liberté-là le terrifie tant elle lui semble irrationnelle. Il a une peur panique de ce que je peux dire, de ce que je peux faire, comme de tout ce sur quoi il n’a aucun contrôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Bon, d’accord, admettons. Je n’en parlerai pas, si c’est ce que tu veux… Sauf si je découvre que tu nous prépares un mauvais coup, ça va de soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Marché conclu !, se réjouit la Voix avec des accents juvéniles. A présent, je vais m’en aller. Il se fait tard et tu as besoin de repos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu pars déjà ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                En fin de compte, elle devait avouer qu’elle s’était habituée à sa compagnie, aussi impalpable qu’elle puisse être, brûlant de bavarder encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                      Oui, il est temps. Mais sois sans crainte, je vais vite revenir. Maintenant, clos tes si jolis yeux. Les Fées des songes chuchotent qu’elles attendent ta visite, alors, je vais te laisser les rejoindre. Cependant n’oublie pas ! Ne parle pas de ça à Philip. Jamais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un dernier murmure lui souhaita « bonne nuit » avant que le silence revienne : un silence étouffant, qui n’évoquait plus que la perte, le manque, l’absence… Au-delà : une frontière. Soudain, elle eut la sensation d’une gueule béante qui se fermait sur elle, cherchant à l’engloutir, la mettre en pièce, la digérer pour ne laisser qu’une ombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;             Philip, Sylph…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                Deux personnages, pour une même voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                  Qu’est-ce que ça pouvait signifier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur cette pensée, elle s’éveilla, en nage. S’assit avec raideur. Passa ses mains sur son visage et secoua la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                          A nouveau, ce cauchemar ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                       Qu’avait déclaré le jeune homme, à ce propos ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A demi-endormie, elle ne parvenait pas à se concentrer assez pour s’en souvenir. Tant pis. Sans doute y verrait-elle plus clair demain, à moins qu’il ne lui suffise de… A tout hasard, elle appela l’Esprit du bout des lèvres mais, ainsi qu’elle l’avait prévu, personne ne se manifesta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Quel sens donner à tout ceci ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle eut beau réfléchir, elle n’en trouva aucun, aussi renonça-t-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Provisoirement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Dix minutes s’écoulèrent, elle se laissa aller. Sa respiration retrouva un rythme plus régulier, ses muscles se détendirent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle dormit jusqu’à l’aube, et d’un sommeil sans rêves.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-8553647676620112064?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/8553647676620112064/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=8553647676620112064' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/8553647676620112064'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/8553647676620112064'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/03/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_30.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 11'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2804518882971281113</id><published>2009-03-22T07:23:00.000-07:00</published><updated>2009-03-22T07:24:53.895-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 10</title><content type='html'>Non, pitié ! Pas encore !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          Je ne veux pas parler d’elle, c’est trop dur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                           Je t’en supplie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                           Je t’en supplie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Hélas, cette prière intérieure n’empêcha pas la fillette de poursuivre, avec ce qui pouvait être de l’envie :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Elle était tellement belle. Je suis convaincue que je l’aurais adorée. Sur la photo, elle a l’air si gentille et en même temps, si sage, si mesurée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un instant, elle se tut, pensant qu’il voudrait réagir, mais il n’ajouta rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                        Il n’avait rien à ajouter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Effectivement, tu as raison, Eléanore. Elle était belle, elle était sage.  Elle était cela et bien plus : généreuse, douce, brillante, honnête, sincère, idéaliste… Ce serait encore loin du compte. Elle était meilleure que nous tous, meilleure que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                       Bien entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Et moi, je voudrais pouvoir l’oublier, ne plus voir son visage, en permanence, partout, dans les miroirs, les cieux, les reflets sur les vitres : ses cils, ses cheveux, son regard… Pouvoir oublier le chagrin, les larmes, le vide qu’elle a laissé en sortant de ma vie. Pouvoir me pardonner, aussi... Néanmoins, je ne le peux pas. Je n’en ai pas la force. Je n’en ai plus la force, maintenant qu’elle n’est plus là pour me prêter la sienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Elle vous manque ?, s’enquit celle qui portait le même nom et qui ne pouvait pas savoir à quel point il souffrait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                S’il ne répondit qu’à grand peine, il lui répondit malgré tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Oui, elle me manque beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                  Ce qui, une nouvelle fois, était très en-deçà de la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Se remémorer combien il la chérissait, même brièvement, lui demandait de tels efforts qu’il devait batailler pour ne pas laisser sa voix le trahir. Il avait l’air tellement triste. Tellement… perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tellement seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avant qu’il n’ait pu réagir, d’elle-même, elle vint se coller contre lui et attrapa sa main, nouant ses doigts aux siens avec, entrelacé, le fil invisible de leurs Destinées. Il n’avait pas pu s’écarter : ce qu’il essayait d’éviter, ce qu’il cherchait à fuir, ce qu’il craignait par-dessus tout avait fini par arriver. Elle s’était blottie dans ses bras pour le réconforter - lui qui avait ignoré sa détresse à deux reprises -, et sa peau d’enfant, sur la sienne, était incroyablement douce, chaude…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                Vivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Je ne dois pas céder, se répétait-il, au supplice. Je ne dois pas aimer, pas l’aimer, pas encore ! Je ne peux pas, je ne veux pas, je n’en ai pas le droit !  Mais il était conscient que ces mots ne servaient à rien, qu’ils n’avaient aucun sens, aussi restèrent-ils là des heures à fixer la nuit qui tombait, chacun soulageant la détresse de l’autre de par sa seule présence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ensuite, de son propre chef, il prit la parole :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                « Il était une fois, il y a bien longtemps, une petite Fée prénommée Onde, qui était amoureuse d’un jeune Esprit du vent… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bientôt, il y eut un flot étoiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bientôt, il y eut de nouveaux rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                             Sans qu’ils le réalisent, ce fut leur première nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Leur première nuit ensemble.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2804518882971281113?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2804518882971281113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2804518882971281113' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2804518882971281113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2804518882971281113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/03/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_22.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 10'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-3256934312424446438</id><published>2009-03-15T10:17:00.000-07:00</published><updated>2009-03-15T10:19:53.902-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 9</title><content type='html'>-                     Vous habitez ici depuis longtemps ? Sur la Lune, je veux dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Longtemps ? ! Le mot est faible. Le temps paraît si long, ici, quand on est seul. Paradoxalement, il est prompt à s’écouler dès lors que l’on n’y prête plus attention. J’habite sur cette colline depuis le début de la guerre : de mes fenêtres, j’ai vu la planète s’embraser, le clair de sa robe s’assombrir, son éclat disparaître à mesure que les cris montaient, que les voix s’éteignaient dans le lointain. Or, le plus abominable, dans tout ça, c’est qu’avec la distance, rien ne semblait réel, comme si rien n’avait vraiment lieu, comme si ce n’était qu’un cauchemar dont l’aube ne laisserait qu’un peu d’amertume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Il n’y a pas eu de survivants ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Jusqu’à ton arrivée, j’en étais convaincu. Considérant la violence des bombardements et le nombre de virus artificiels lâchés dans la nature, aucun humain n’aurait dû pouvoir s’en sortir. Tu l’as échappé belle, j’ignore par quel prodige. Sans doute ton corps a-t-il développé son système immunitaire afin de s’adapter à ce nouveau milieu, si hostile qu’il puisse être. Hélas, nous n’en aurons jamais confirmation. Je ne suis pas un spécialiste et je manque cruellement de matériel, dans ce domaine. Par conséquent, il faudra bien que nous nous satisfassions de cette hypothèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pour le peu dont je me souvienne, au cours de mes pérégrinations, je n’ai pas croisé âme qui vive. A force, j’avais fini par croire que j’étais la dernière représentante de mon espèce. Vous trouver a été une sacrée délivrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Comme l’a été, pour moi, ton arrivée. Mais comme je te l’ai dit, garde à l’esprit que si toi et moi, nous sommes encore de ce monde, d’autres ont dû s’en tirer, c’est obligé. Ce qui n’est pas forcément une chose dont il faut se réjouir, quoi qu’on en...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il ne termina pas. L’indignation d’Eléanore se lisait sur ses traits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pourquoi êtes-vous si pessimiste ?, le réprimanda-t-elle. Ce serait merveilleux, si nous n’étions pas les seuls rescapés ! Ça signifierait que rien n’est perdu, que nous pourrons un jour nous mettre à reconstruire et tout recommencer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Peut-être. Malheureusement, tu vois, j’ai bien connu les hommes ; j’ai grandi parmi eux. Je sais comment ils sont. Egoïstes et futiles. Incapables de tirer les leçons de leurs imprudences, irresponsables au point de commettre systématiquement les mêmes erreurs. Contrairement à ce qu’ils pouvaient prétendre, leur histoire collective n’avait rien d’une évolution : elle tenait plus d’une boucle, ou plutôt non, d’une succession de boucles, d’incessants retours en arrière… Un formidable gâchis, en somme. Malgré cela, tu as raison : je devrais être plus positif. S’il subsiste des hommes quelque part, notre espèce n’est pas condamnée. Peut-être apprendra-t-elle, cette fois. Peut-être prendra-t-elle un nouveau départ sans se tromper de voie. Qui sait ? Elle pourrait nous surprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Mais vous, renchérit sa jeune interlocutrice, ramenant la conversation sur le plan qui l’intéressait, depuis le Déluge de feu, vous n’êtes jamais retourné sur Terre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il fourra ses mains dans ses poches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Jamais. Au fond de moi, j’étais persuadé que c’était inutile ; d’autant que je ne pouvais pas courir le risque d’être exposé aux virus de combat, même en prenant toutes les précautions adéquates… De toute façon, rectifia-t-il in extremis, comme je n’avais aucun moyen de repartir d’ici, le sort a décidé pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Et vous vous en accommodez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Dans ce cas précis, oui. Même si je l’avais pu, je n’y serais pas retourné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Parce que je suis un lâche, quelqu’un qui a toujours fui la réalité quand celle-ci ne lui convenait pas. Plutôt que de faire face, je préfère garder en moi l’image de cette petite planète superbe et fière sur laquelle j’ai été élevé et dont j’ai tant reçu. Je ne veux pas que cette image se brise sous les coups de la vérité, je veux m’en souvenir et - en me souvenant - faire durer sa beauté au-delà de la destruction. Il faut qu’au moins une personne vive afin de se souvenir car, entre tout, c’est dans l’oubli que couve la mort définitive. Aussi, tant que je me souviens, la Terre d’avant vit encore quelque part entre nos deux réels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     J’aurais tant voulu la connaître telle qu’elle était alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     J’aurais voulu que tu le puisses. C’était un endroit merveilleux et parfois… Parfois, quand j’y repense, en la regardant se lever, j’écoute la brise, je rêve que j’y retourne et j’y retourne en rêve. Rien n’a changé : l’azur est du même bleu, le soleil brille du même éclat, l’air a encore cette saveur légèrement fruitée qui le rendait irrésistible… Avec le recul, je repense à tout ce que j’ai vu, à tout ce que j’aurais dû voir… Trop tard, je m’aperçois que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur : moi-même, je ne savais pas ce que j’allais perdre, je ne saisissais que des ombres. Comment anticiper ? Comment prévoir qu’un jour, elle n’existerait plus ailleurs que dans ma tête ? ! Ces glaciers limpides, ces lacs argentés, ces chutes d’eau bouillonnantes, ces cascades cristallines, ces montagnes gigantesques découpées à la hache sur le pourpre du soir… N’ai-je pas inventé tout cela? Suis-je vraiment né sur la Terre, ou bien n’était-ce qu’un nouveau songe ? J’ai beau essayer de les retenir, les détails filent, ternissent, s’estompent, et j’ai de plus en plus de mal à croire en ce qu’ils sont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Touchée par sa mélancolie, l’enfant lui lança un coup d’œil discret - qui ne l’arrêta pas -.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un jour prochain, termina-t-il, je m’éveillerai, comme toi, et j’aurai oublié. Ce jour-là, l’ancienne Terre sera morte pour de bon. Tout aura disparu et moi, je ne veux pas… Je ne veux pas qu’elle s’évanouisse, tout ça parce que je n’aurais pas été capable de m’en souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je comprends parfaitement. Pour vous, il s’agissait d’un monde à part - votre monde -, et quand j’entends la description que vous en faites, je me dis que je l’aurais sûrement aimé sans réserves… Un frisson vint éclore sur le bout de ses lèvres et courut le long de son corps. Peut-être trop, tout bien réfléchi. Au bout du compte, je devrais m’estimer heureuse de ne pas l’avoir connu tel qu’il était à l’époque. Comme ça, je n’ai pas de regret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Mais, à l’instant, objecta-t-il, tu ne disais pas le contraire ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est vrai. Redoublant de prudence, elle pesa mûrement les propos qu’elle allait lui tenir. Cependant, je parlais de votre épouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Elle n’avait pas fini sa phrase qu’il se mordait la langue&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-3256934312424446438?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/3256934312424446438/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=3256934312424446438' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3256934312424446438'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3256934312424446438'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/03/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_15.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 9'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-5814757547403905738</id><published>2009-03-08T04:23:00.000-07:00</published><updated>2009-03-08T04:25:44.674-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 8</title><content type='html'>Plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Tandis qu’assis sur le perron, il contemplait le coucher du soleil, la petite fille vint le rejoindre à pas de loup, s’installant auprès de lui en prenant garde à ne pas le gêner. Elle avait passé tout l’après-midi à faire la chasse aux papillons et doublant l’expérience d’une admirable obstination, elle avait réussi à en attraper une vingtaine, les relâchant chaque fois qu’elle en était lassée. Les capturer ne l’intéressait guère, elle souhaitait seulement se prouver qu’elle en était capable : elle aimait trop la liberté pour faire des prisonniers ; ce qui l’amusait, avant tout, c’était de les poursuivre en imitant leurs ailes, comme si elle n’avait besoin que d’un peu de volonté pour pouvoir les suivre au fin fond du ciel. Philip était d’ailleurs forcé d’admettre que sa bonne humeur et son insouciance faisaient plaisir à voir, rendant à sa colline un zeste de fantaisie, gommant les remords et les doutes qui pesaient au sommet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ce soir, pourtant, devant son air embarrassé, il sut qu’un moment redouté - crucial - était sur le point d’arriver : visiblement, elle avait des questions à lui poser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                  Soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Autant l’accepter et s’estimer heureux qu’elle se soit montrée si patiente ; d’autant que de son côté, il avait été loin de faire preuve de tact, en la matière. Il ne l’avait pas ménagée, aussi était-ce normal qu’elle lui rende la pareille. Par respect envers elle, il devrait s’appliquer à répondre de son mieux, quoi qu’il en coûte. Il le lui devait bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ne sachant pas comment lancer la discussion, elle n’osait pas rompre la quiétude ambiante, son esprit partagé entre la peur d’interroger son bienfaiteur et l’envie grandissante d’en savoir plus sur lui. Il se garda bien de l’aider : il ne pourrait pas éviter l’inévitable, évidemment, mais il n’avait pas non plus l’intention de le précipiter. Il y avait trop de plaies qui ne s’étaient pas refermées, en lui, trop de secrets, de cicatrices, trop de regrets qu’il n’était pas particulièrement disposé à affronter, même par courtoisie… Sauf qu’aujourd’hui, il ne pourrait pas s’y soustraire : au bout d’un quart d’heure, en effet, elle arrêta de froisser les plis de sa jupe et lui saisit la manche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Excusez-moi, commença-t-elle, prudente. Je vais peut-être vous paraître impolie, mais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel âge avez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel âge ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Cette fois, Philip ne put s’empêcher de sourire. De toutes les impasses où elle pouvait le conduire, il n’avait pas prévu celle-ci : tentant d’anticiper, il en avait dénombré des dizaines, auxquelles il avait cherché des explications aussi cohérentes que possible, cependant le problème de l’âge ne l’avait jamais effleuré.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un point pour toi, conclut-il à voix haute. Tu n’aurais même pas dû avoir à me le demander. Pourtant, j’ignore si je peux te le révéler... C’est très personnel, comme question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Déstabilisée par sa nonchalance, elle se dit qu’il devait la taquiner, loin d’imaginer les savants calculs auxquels il était obligé de se livrer pour elle : depuis qu’il était sur la Lune, faute de motivation, il avait perdu ses repères ; et pour ce qui était du passage des années…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Voyons, fit-il traîner, avec un sérieux caricatural. Quand j’ai quitté la Terre, j’avais environ… Oui, ça doit être ça, ce qui nous donne, sauf erreur de ma part… Vingt-neuf ans, peut-être trente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Trente ans, vraiment ? ! Mais alors,  vous êtes vieux ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Comment ça, vieux ? !, plaisanta-t-il. Tu es sûre de ne pas exagérer ? Trente ans, moi, je trouve ça parfait. Ni trop, ni trop peu, tu n’es pas d’accord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avant qu’elle le contredise, il s’empressa de compléter :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Vieux… On n’est pas vieux avant d’avoir fêté son troisième millénaire, crois-en mon expérience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Entrant dans son jeu, elle refusa d’en démordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Dommage. Je vous pensais plus jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu n’es pas la première Eléanore à m’en faire la remarque, princesse. Effectivement, je ne fais qu’à peine vingt-cinq ans, l’âge que j’avais en m’installant ici. Depuis, c’est un peu comme si mon corps ne vieillissait plus - ce dont j’aurais tort de me plaindre, de toi à moi -. Cette colline est un endroit hors du temps, un sanctuaire ou quelque chose comme ça… Et puis d’abord, je ne vois pas quelle différence ça fait, si j’ai quelques années de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle lui tira la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Trente ans, trente millénaires, qu’est-ce que ça change ? ! Reconnaissez-le, vous êtes vieux, M.Dawson, et avec les vieux, c’est toujours pareil… Ils sont sinistres et ennuyeux ! ! Ils ne savent pas profiter de la vie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Hoquet interloqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Parce que j’ai l’air sinistre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ça vous arrive, parfois. Quand vous passez des heures à scruter les nuages, ou quand vous vous enfermez au salon pour écouter de la musique, ou encore quand vous passez vos demi-journées à travailler sans vous autoriser de pause, oui, vous êtes vieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Et d’après toi, qu’est-ce que je devrais faire pour rajeunir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Vous ne devinez pas ? C’est enfantin, pourtant. Il vous suffirait de venir vous promener à mes côtés, courir après les papillons, danser avec les fleurs, virevolter dans le vent, au lieu de vous cloîtrer dans votre bureau pour vous replier sur vous-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Troublé par tant de maturité de sa part, il se passa la main dans les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Eh bien, voilà un conseil qu’il faudra que je retienne ! Aussi, je compte sur toi. Avertis-moi chaque fois que j’aurai l’air… Il poussa un soupir de fausse résignation. Trop vieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sans répondre, à son tour, elle lui sourit ; et la réponse était dans son sourire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-5814757547403905738?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/5814757547403905738/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=5814757547403905738' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5814757547403905738'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5814757547403905738'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/03/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_08.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 8'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-3165934815943463079</id><published>2009-03-01T04:45:00.001-08:00</published><updated>2009-03-01T04:47:39.636-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 7</title><content type='html'>Flattée, elle s’éloigna en tournant sur elle-même, fredonnant un air de son invention, l’amenant à s’interroger. Pourquoi paraissait-elle plus sereine, tout à coup ? Pensait-elle sincèrement se faire mieux accepter grâce à cette ressemblance ? Redoutait-elle qu’il ne la juge trop jeune, trop immature pour rester près de lui, et qu’il la renvoie un matin, sans ménagement, l’obligeant à reprendre le cours de ses errances ? ! Maintenant qu’elle avait trouvé un peu du havre qu’elle cherchait - un semblant de foyer, quelqu’un pour l’écouter, pour partager ses jeux  -, elle craignait de le perdre, c’était humain. Son éventuelle ressemblance avec une femme qui comptait tant pour lui ne pouvait que la rassurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est un bel arbre, n’est-ce pas ?, remarqua-t-il, comme elle sautillait sous le faîte du chêne, sans réaliser qu’il faisait écho à ce qu’elle avait dit, quelques minutes plus tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Il a un nom ? !, chantonna-t-elle, comme si de rien n’était.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La question parut le mettre mal à l’aise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Sûrement. Un arbre si magnifique a forcément un nom, dans le langage des arbres, seulement j’ignore lequel. En remplacement, je lui en ai donné un autre en le plantant ici, il y a longtemps. J’espère juste qu’il lui plaît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Vous n’avez pas de souci à vous faire. S’il ne lui plaisait pas, son tronc n’aurait pas l’air aussi épanoui. Voyez comme il rayonne, comme son bois respire la santé ! Franchement, à le voir resplendir ainsi, je suis curieuse de savoir comment vous l’avez appelé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Yggdrasill.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Vraiment ? ! Elle pouffa. C’est un drôle de nom, pour un chêne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un drôle de nom ? Et pourquoi ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Eh bien, c’est évident ! ! Yggdrasill, dans les histoires, c’est un frêne, pas un chêne. Un frêne est une oléacée, et le chêne une amentacée. Difficile de confondre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pris de court, il ne broncha pas : il n’était pas certain d’avoir réellement entendu ce qu’elle venait de rétorquer et sans doute était-ce préférable, d’ailleurs, car où aurait-elle appris toutes ces choses ? Des choses si précises, de surcroît ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant tout, comment pouvait-elle connaitre l’Edda ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Nerveux, il s’agita.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Dis-moi, Eléanore... Je ne voudrais pas te brusquer, mais... D’où est-ce que tu viens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il n’avait pas fini sa phrase que la gaieté de sa jeune protégée s’était évanouie, emportant avec elle leur début de complicité. Je n’en sais rien, je vous assure, devait-elle s’affliger intérieurement, je n’en ai pas la moindre idée. Aussi reprit-il plus explicitement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ce que je me demande, c’est si tu es d’ici. A savoir : de la Lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Moue d’incompréhension.&lt;br /&gt;     .&lt;br /&gt;-                     Qu’est-ce que vous racontez ? Je suis humaine, je suis née sur la Terre ! Pourquoi parlez-vous de la Lune ? Personne ne peut survivre, là-haut ! C’est un désert de roches dépourvu d’atmosphère ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Livide, il recula, conscient de ce que la réalité aurait de bouleversant pour elle, essayant de la dédramatiser autant qu’il le pouvait. Sans grand succès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ça va sûrement te faire un choc, mais il faut que tu saches… Tu n’es plus sur la Terre. La Terre, c’est cette planète, à l’horizon. Nous, nous sommes sur la Lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Mais, protesta-t-elle, éperdue. C’est impossible ! ! Je ne…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il la coupa dans son élan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Quand es-tu arrivée ? Hier ? Le jour d’avant ? ! Fais un effort, c’est essentiel. Tu t’es réveillée sur la Lune avec des souvenirs de la Terre, ou bien tu as…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Non, non ! ! Je suis certaine de m’être réveillée sur la Terre ! L’air était plus froid qu’aujourd’hui et la planète, dans le ciel, plus petite. J’ai marché, marché, marché sans relâche, c’est tout ce dont je me rappelle. Lorsque je suis sortie de la forêt, je me suis engagé sur un antique chemin à moitié effacé qui a traversé de vastes étendues de plaines avant de se modifier brutalement, de doubler de taille en largeur, tout en paraissant plus droit, mieux tracé. Derrière moi, le décor n’était plus tout à fait le même et la Lune, au zénith, était plus imposante, mais ça ne m’a pas inquiété… Vous prétendez qu’il s’agit de la Terre ? ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aussi stupéfait qu’elle, il réfléchit longuement au problème et à ses implications. Ainsi, elle se serait trouvée sur Terre et instantanément, sans le vouloir, aurait franchi le vide spatial ? ! Impensable  ! ! Il n’y avait plus d’Arches en activité nulle part, il y avait veillé. D’un autre côté, elle n’avait pas pu naître ici, alors… Comment est-ce qu’elle aurait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Nous sommes véritablement sur la Lune ?, reprit la fillette, dans un chuchotement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il acquiesça, tandis qu’elle ajoutait :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     La Lune… Comment suis-je arrivée ici ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est ce que j’aimerais découvrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A ces mots, l’effroi tordit l’estomac de sa jeune interlocutrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Mes parents ! !, se lamenta-t-elle, terrorisée. Ils sont sur Terre ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                Constat qu’elle ponctua d’un regard implorant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Si je n’y retourne pas, je ne pourrais jamais les retrouver ! Jamais ! Je dois absolument…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                D’un geste, il l’arrêta. A son tour, il avait peur de la perdre, maintenant que les rôles s’inversaient. Bon gré, mal gré, il s’était attaché à elle, il l’avait laissée entrer dans son univers, il l’avait acceptée, dès cette première soirée où il s’était assis à son chevet, dès qu’il l’avait entr’aperçue au seuil de sa maison, peut-être bien avant ça : il ne pourrait plus supporter de devoir renoncer à elle, de se l’imaginer errant, sans protection, sur une planète hostile, pendant qu’il n’aurait aucun moyen de l’aider. « Mangeait-elle toujours à sa faim ? Gardait-elle le moral ? Etait-elle toujours saine et sauve ou gisait-elle sans vie, petit corps disloqué au fond d’un précipice, déchiré par les griffes d’un animal sauvage ? » Il aurait beau s’appliquer à prendre du recul, faire abstraction de ce qu’il éprouvait, jamais il ne pourrait s’habituer à ces incertitudes. Il s’était accoutumé à la solitude, pas à l’angoisse. Une fois de plus, sa seule échappatoire serait de lui mentir, ce qu’il se hâta de mettre en pratique avec le talent qui le caractérisait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je suis navré, répliqua-t-il, devançant sa requête. Nous ne pouvons pas retourner là-bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Instinctivement, il se raidit, à l’affût des larmes à venir. Non !, l’implora-t-il en silence, je t’en prie, ne pleure pas ! Si tu pleures, je ne saurais pas… Mais il se débattait en vain : Eléanore ne pouvait pas lutter. Des gemmes humides sur le rose de ses joues, ses poings qui se serraient très fort, sa poitrine tressautant en rythme… Cachée dans des ombres de feuillage, une petite fille d’à peine douze ans sanglotait dignement, et bien qu’il ait plus du double de son âge, Philip se retrouvait totalement démuni : il la voyait pleurer, il avait mal pour elle, seulement il restait là, paralysé, comme il l’avait été la veille. Au fond de lui, deux voix distinctes s’affrontaient sans pitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je ne peux quand même pas la laisser pleurer sans rien faire !, bredouillait la première, sans assurance. Je dois chercher des paroles apaisantes, lui prêter mon épaule, partager son chagrin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Malheureusement, plus ferme, la seconde voix couvrait ce qui n’était jamais qu’un gémissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Reste où tu es !, hurlait-elle avec véhémence. C’est un piège ! Il ne faut pas que tu t’impliques ! A aucun prix !  Sinon, tu crées un lien entre vous deux, dont tu deviendras dépendant, que tu le veuilles ou non. Ensuite, tu te trouveras à sa merci, forcé de te plier à ses moindres caprices, d’être attentif au moindre de ses enfantillages. Elle te tiendra dans le creux de sa main et n’aura qu’à la refermer pour te briser comme une coquille de noix ! ! Tu te rappelles, la femme qui portait le même nom ? Tu te rappelles, la peine, quand elle a disparu ? Tu te rappelles le manque ? Les Humains sont ainsi : ils exploitent la gentillesse et la bienveillance d’autrui comme si c’était un dû : dès qu’ils le peuvent, ils usent de leurs faiblesses afin d’étendre leur influence. Est-ce cela que tu souhaites ? La dépendance ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       La dépendance…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un bref instant, il vit réapparaître les traits de sa défunte épouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        De quoi ai-je tellement peur ! ?, tenta-t-il de se raisonner. Je ne peux pas perdre cette enfant, elle est déjà liée à moi. Dans ces conditions, pourquoi est-ce que je ne parviens pas à m’avancer vers elle ? Elle pleure, et je ne peux rien faire. Je la regarde, et je ne fais rien. C’est vraiment pathétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Honteux, il tâcha de se ressaisir car il se haïssait - haïssait sa faiblesse, sa réserve et ses craintes, haïssait sa lâcheté, son impuissance -, attendant, attendant, attendant encore que les pleurs perdent en force ; puis qu’ils cessent complètement. Alors, enfin, il put articuler ce qui était pour lui une phrase de compassion :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je suis sincèrement désolé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Il ne faut pas, l’excusa-t-elle, s’essuyant les joues à l’aide de sa manche. Je me suis laissé aller et je ne l’aurais pas dû. C’est juste que, sur le coup, je n’ai pu penser qu’à l’absence d’espoir. Je ne les reverrai pas, je le sais. Si ça se trouve, ils sont morts depuis des années, à moins qu’ils ne soient que le produit de mon imagination, comment être sûre ? Et si tous mes souvenirs n’étaient que des chimères, des histoires à dormir debout dont je me berce pour éviter de voir la vérité en face ? Je n’ai jamais réellement espéré, seulement… Même en m’efforçant d’être lucide, c’est toujours aussi douloureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ne renonce pas, Eléanore. Après tout, nous nous sommes bien rencontrés, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Justement. Imperceptiblement, ses pommettes se teintèrent de rouge et son timbre, de candeur. Pendant quelques secondes, j’ai oublié quelle chance j’avais de vous connaitre : une chance rare, inouïe, et je la gâche en jouant les enfants gâtées. Je veux rester ici. Or, si je dois rester, je ne dois plus pleurer comme ça. Jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La fermeté du point marquait autant sa détermination que sa volonté de lui plaire, ce qui ne l’en impressionnait que plus. Elle était tellement courageuse, tellement… Forte. En comparaison, lui-même n’était qu’un idiot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Au contraire,  la corrigea-t-il. Pleure si tu le désires, si tu en as besoin… Pleure à chaque fois que tu as du chagrin sinon, un beau jour, tu oublieras comment faire et il te faudra garder cette souffrance en toi, comme un immense poids sur ton cœur. Tant que tu sais pleurer, tu restes humaine, ne l’oublie pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle opina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Humaine, marmonna-t-elle distraitement, comme si le terme la surprenait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle le goûta un peu, le fit rouler sous son palais, le temps d’apprécier sa sonorité ; puis elle passa à autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Yggdrasill ? C’est un joli nom. Presque un symbole, en fait. Est-ce pour cela que vous l’avez choisi ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Non, rétorqua-t-il, mentant à nouveau. C’est le fruit du hasard. Un nom parfait pour l’arbre qu’il était censé devenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Du plat de la paume, il flatta le tronc rude, massif et observa discrètement sa jeune invitée. Loin de ses vaines intrigues, celle-ci s’extasiait devant les rais miroitants que filtraient les branchages, s’élançant brusquement pour s’y baigner, tendant les bras, prête à prendre son envol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un Ange, s’émerveilla-t-il, rectifiant bientôt :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                            Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                       Un Génie. Une Fée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                           Une Dryade.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-3165934815943463079?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/3165934815943463079/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=3165934815943463079' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3165934815943463079'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3165934815943463079'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/03/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube.html' title='Mouvement 02 - les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 7'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-7718297023189621825</id><published>2009-02-21T07:40:00.000-08:00</published><updated>2009-02-21T07:42:51.556-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 6</title><content type='html'>En théorie, il aurait pu déambuler des heures entre les piles de livres sans croiser l’indésirable visiteur : qu’il prenne une allée au hasard et tombe nez-à-nez avec lui relevait d’une probabilité dérisoire, d’une chance sur un million, une infime petite chance…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa chance à lui, probablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Confus, il se figea, son cœur cessa de battre, prélude à un de ces instants prémonitoires où le monde affolé s’emballe et rapetisse à l’échelle de l’atome, un de ces instants où l’on se demande s’il n’y aurait pas un plan à l’œuvre dans l’univers, un finalisme auquel aucun humain ne pouvait échapper tant il s’avérait immuable... Avec, à nouveau, la détestable impression d’être entré dans le rêve d’un autre sans pouvoir dire ni quand, ni de quelle façon. Tout se passait comme si quelqu’un était en train d’écrire l’histoire dont il faisait partie et qu’il pouvait deviner ce quelqu’un, penché sur son bureau, griffonnant sans égards pour sa personne imaginaire. Sous le coup du Destin, le réel dévoilait sa fragile relativité…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se tenait debout, sur l’extrême pointe des pieds, et venait de saisir un livre sur l’étagère d’en face : ondulant gracieusement, ses cheveux bruns s’échouaient au bas de son dos et son allure gracile évoquait une princesse, une souveraine de légende. Une Ophélie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Viviane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne sentit même pas ses genoux vaciller. Lui qui ne s’était jamais que vaguement intéressé aux femmes, voilà qu’il se retrouvait pris au piège d’un labyrinthe sans portes, ni parois, ni fenêtres, dont il ne pourrait plus sortir, quels que soient ses efforts. Rien de commun avec ces aventures sans lendemain qui l’avaient toujours ennuyé, dont il s’était toujours lassé avant même d’en avoir conscience, ni avec ces petites amies dont il partageait les sourires chaque fois plus brièvement… Comme dans les plus beaux contes, dès qu’elle était entrée dans son champ de vision, elle avait effacé toute la rancœur, toute la colère, les récriminations qu’il avait nourries à cause d’elle, éclipsant jusqu’aux titres qu’il venait consulter. Alentour : plus de rayonnages, plus de tables, plus de chaises, plus de tabourets. Ne restait qu’Elle. Elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Infiniment Elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans trop savoir ce qu’il faisait, il s’avança encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ame humaine et Transcendance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment y croire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néanmoins peut-être que tout était là, qu’il n’y avait rien d’autre à apprendre, à ajouter. Peut-être qu’il venait de trouver précisément ce qu’il était venu chercher, plus aisément qu’il ne l’avait prévu. Vingt et un ans. Il n’avait parcouru que quelques mètres sur le chemin brûlant de l’existence ; et il était si jeune ! La route s’annonçait poussiéreuse, éreintante… Seulement, peut-être n’aurait-il pas à la suivre plus avant. Déjà, déjà, il pouvait deviner…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deviner…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le fil se brisa : au loin, une horloge invisible sonna. Sa psyché s’effrita pendant qu’elle se tournait vers lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fugitivement, il put saisir l’intitulé de l’œuvre qu’elle tenait à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Livre de Faërie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seconde d’expectative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Faërie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est-ce que cela lui rappelait, au juste ? ! Un détail important, qu’il savait étroitement lié à la notion de Vérité, et qui n’en finissait plus de se dérober à lui... Un début de pressentiment qui fouillait sa mémoire, s’insinuait dans son esprit, cherchait comment refaire surface. Faërie, lui murmurait-on dans le creux de l’oreille. Apparence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Esquissant un sourire, la jeune femme posa son regard sur lui : bleu - miraculeusement bleu -, brillant de sa propre lumière, sa propre résonance, lui tournant la tête, les cinq sens, l’intime conviction de son être, le transperçant comme une lance de métal, lui arrachant ainsi les prémices d’un soupir ; un bleu si translucide qu’il découvrait en lui tous les secrets, les hontes, les failles qu’il aurait voulu lui cacher, fondait tous ses doutes en un seul - qu’il transformait en certitude -... Bleu à ouvrir le ciel, chasser les nues, déchirer le linceul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tandis qu’il restait là, à la dévisager, muet, les bras ballants, elle fit mine d’entrouvrir les lèvres, peut-être pour lui parler, cependant si elle essaya, alors, il ne l’entendit pas, perdu qu’il était dans des yeux au-delà desquels il pouvait discerner pêle-mêle la clarté d’astres, de comètes, de mille constellations qui tournoyaient ensemble. Un soleil, neufs planètes, lancées dans un ballet céleste, au gré de leurs orbites jumelles… Et, au milieu de ces planètes, la Lune : plus verte, plus belle qu’auparavant. Une colline. Un chêne gigantesque. Une petite fille aux cheveux blonds qui le considérait avec le même regard, le même aplomb.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souffle coupé, il chancela, faillit tomber à la renverse mais elle ne s’en rendit pas compte. Désignant la cime du géant, elle se contenta de noter de manière anodine :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est un bel arbre. Il a l’air très, très vieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait dit ça en toute innocence mais tétanisé qu’il était par son brusque retour en arrière, il ne l’entendit pas : les mains tremblantes, il détaillait ses paumes, les lignes qui y couraient, plus estompées, plus floues que de coutume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous allez bien ?, s’inquiéta--elle en s’approchant de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le frisson vibrant dans sa voix suffit à le tirer de sa catatonie : abasourdi, il reporta son attention sur elle, la fixant si intensément qu’elle vit s’illuminer une lueur indéfinissable, au fond de ses pupilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, oui, ça va, balbutia-t-il. Ne t’en fais pas. C’est juste que sur le coup, quand tu m’as regardé, j’ai cru… La revoir, à nouveau, comme si c’était la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Parce que je lui ressemble ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aurait dû répondre immédiatement, tant la réponse allait de soi. Pourtant, il hésita.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non. En fait, non, il n’y avait pas entre elles de vraie similitude, rien de flagrant. Elles étaient différentes, très différentes. Mis à part…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le même, exactement le même regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, admit-il enfin. Tu lui ressembles beaucoup.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-7718297023189621825?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/7718297023189621825/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=7718297023189621825' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7718297023189621825'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7718297023189621825'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/02/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_21.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 6'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2523971637195530477</id><published>2009-02-14T08:47:00.000-08:00</published><updated>2009-02-14T08:48:35.838-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 5</title><content type='html'>Depuis, un peu de temps avait passé. Ni trop, ni trop peu. Juste ce qu’il fallait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Portée par un soupçon de brise, Eléanore marchait en direction du chêne, s’en allant parcourir ses rides austères et vénérables, appuyer son front juvénile sur le tronc centenaire, guetter le grain derrière la peau et la sève, par-delà les veines, avec pour unité les premières lignes d’un roman végétal. Semblant ne respirer qu’à peine, elle venait de clore ses paupières, et l’éclat du soleil sur le blond de sa chevelure ne donnait que plus de relief à cette scène enchanteresse. Dans les rayons dansants, l’arbre et l’enfant se métamorphosaient : différents mais semblables, un et un seul, somme et totalité, chacun n’existant plus qu’en tant que prolongement de l’autre. Le visage angélique paraissait du même bois et les doigts, de la même écorce, comme des branches minuscules en train de se former. Fluettes, les petites jambes s’enfonçaient dans le sol en de profondes racines… Ce n’était plus une fillette, qu’il voyait ici, mais une Dryade, une Fée des arbres, un esprit de la Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          Qui, brusquement, ouvrit les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                En une seconde, tout convergea vers lui. Les jours, les mois, les années s’envolèrent comme des mouettes chassées du rivage par la marée montante, puis l’univers changea.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il n’était plus sur la colline. Il n’y avait jamais été. Tiré de ses rêveries par un grésillement sur sa droite, il revenait à lui, à l’étroit dans son costume neuf, veillé par de larges rangées de miroirs, au milieu d’un hall étincelant qu’il connaissait par cœur : celui du bâtiment central des Archives de Boston, où il pensait trouver de quoi améliorer son livre en vue d’une énième révision. « Ame humaine et Transcendance ». Un titre qui en imposait, surtout pour une thèse de fin de second cycle. Un sujet compliqué, l’avaient prévenu ses professeurs, convaincus d’être de bon conseil. Son jeune âge, son orgueil, sa relative inexpérience… Autant d’obstacles qu’il devrait surmonter. Pour toute réponse, il les avait considérés avec condescendance. Compliqué ? Quelle idée ! ! Rien ne saurait être compliqué pour quelqu’un ayant ses capacités. Sur le campus, la confiance qu’il avait en ses aptitudes était légendaire, et son arrogance affichée en agaçait plus d’un. A juste titre. Après tout, se justifiait-il, les rares fois où il éprouvait le besoin de se justifier, pourquoi faire preuve d’humilité, quand on sait pertinemment ce qu’on vaut et mieux, ce dont on est capable ? Terminer ses études en remportant le trophée d’excellence ne l’avait pas encouragé à se remettre en cause, mais il était ainsi et il l’assumait sans complexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Une pensée plus triviale rompit cet embryon d’introspection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Curieux, remarqua-t-il, avant de s’avancer dans le grand vestibule. J’ai oublié quel jour on est. D’un mouvement machinal, il interrogea le cadran qu’il portait au poignet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Le 14 juin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    Bien, bien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Hochement de tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Parfois, il était si distrait que c’en était gênant ! ! Un surdoué comme lui, ne pas pouvoir se rappeler une simple date ? C’était d’autant plus humiliant qu’au fond, il le sentait, il n’était pas complètement satisfait : une chose le chiffonnait toujours. Le 14 juin, évidemment. Seulement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                         De quelle année ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                L’espace d’un tressaillement, l’angoisse le submergea. Qu’il ne se rappelle pas la date précise, passe encore, mais l’année ? ! De toute évidence, sur ce point - sur ce point uniquement ! -, ses profs avaient raison : il fallait qu’il prenne du repos. Son quotidien n’avait plus rien d’humain : il dormait peu, réfléchissait beaucoup, n’en travaillait que plus, son goût pour les études prenant des proportions pour le moins alarmantes… Ascétisme, réflexion, travail : les trois clés de la réussite selon Philip Dawson. Vu ce qu’il s’infligeait, de telles pertes de mémoires n’avaient rien d’anormal. S’en plaindre ne servirait à rien : s’il s’obstinait à persévérer dans cette voie, à coup sûr, celles-ci deviendraient de plus en plus fréquentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Se dirigeant d’un pas pressé vers un terminal de contrôle, il éprouva une drôle de sensation : bien entendu, c’était idiot mais un instant, il s’était cru isolé sur la Lune, dans un futur lointain, comme s’il avait le souvenir d’une chose qui n’avait pas eu lieu, une chose qu’il n’aurait jamais l’occasion de vivre… Le surmenage, sans doute. Du coin de l’œil, il consulta l’info-screen de l’accueil : la date y était inscrite en retrait, en gros caractères rouges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 14 juin 2153.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un flash. Tout lui revint.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment avait-il pu oublier ça ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lui arrivait d’avoir des absences, bien sûr, mais rien de comparable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Heureusement, tout rentrait dans l’ordre. Enfin ! ! Enfin, il se rappelait ! Comme quoi… Son cas n’était pas aussi désespéré qu’il paraissait l’être !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Fermant abruptement cette parenthèse, il enjamba le cordon de sécurité et pénétra dans l’édifice désert. A présent qu’il se sentait mieux, il pouvait se consacrer pleinement aux recherches qui l’amenaient ici. A une époque où l’on pouvait aisément accéder à n’importe quelle donnée à partir du moindre infoterminal, il faisait partie des irréductibles qui appréciaient le Livre - sa matière, son odeur, son authenticité - ; ces mêmes irréductibles qui s’étaient battus autrefois pour que les bibliothèques du XXIIème siècle conservent l’ensemble de leurs ouvrages-papier et les tiennent à disposition de celles et ceux qui désiraient les consulter. Travailler à partir d’éditions si précieuses était un privilège, un luxe d’autant plus prisé que l’obtention de l’indispensable code-passe de niveau 3 n’était pas à la portée du premier venu. Philip lui-même avait dû batailler des mois avant de se le voir attribuer : encore avait-il eu beaucoup de chance. Devant les refus à répétition, d’autres plus en vue s’étaient découragés. Pas lui. Ce n’était pas son genre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        Profil correct. Accès autorisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La porte magnétique glissa sur ses rails, s’ouvrant sur une salle sans fenêtres, qu’éclairaient ça et là des lampes de bureau à l’ancienne, elles-mêmes vissées sur de larges tables rectangulaires en imitation bois. Des deux côtés de l’allée principale, les étagères étendaient avec discipline leur majesté martiale et rien moins qu’écrasante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pénombre, tension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;           Silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Retrouvant ses repères, il retint sa respiration et se tourna vers le compteur suspendu à l’entrée, s’immobilisant aussitôt : un O2 inattendu y clignotait en chiffres luminescents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                             Un 02 ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ses yeux s’écarquillèrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Il y avait quelqu’un d’autre dans la salle de travail ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Il n’en fallut pas plus pour qu’une grimace de frustration vienne déformer ses traits. Il tenait à ses habitudes, à ces pauses narcissiques où les lieux lui appartenaient : c’était sans doute un peu futile mais, pour lui, c’était d’un grand réconfort, l’équivalent d’une main sur son épaule, un remède à la solitude. Inévitablement, plus les minutes passeraient, plus ce serait avec dégoût qu’il partagerait la salle avec ce… Comment dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Cet intrus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                J’espère qu’« il » va bientôt quitter les lieux !, se prit-il à songer. Je ne pourrai jamais arriver à me concentrer avec quelqu’un dans les parages ! Le poids d’un regard sur ma nuque. Des courants d’air, à chacun de ses déplacements. Le bruit de ses semelles sur le parquet ciré.  J’aurai beau essayer de me faire une raison, je ne serai pas capable de supporter ça longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Peu lui importait que la pièce s’étende sur plus d’un kilomètre carré tant chez lui, c’était viscéral : il avait toujours eu d’énormes difficultés à tolérer un étranger au sein de « son » royaume, n’appréciant guère de se voir rappeler ainsi son statut d’usager. Tâchant de ne plus y penser - comme si c’était possible -, il parcourut la liste des ouvrages proposés, pointant ceux qu’il venait chercher au fur et à mesure. Tant pis. Pour une fois dans sa vie, il ferait une concession. De toute manière, ce n’était pas comme s’il avait le choix, aussi… Mâchoire crispée, il s’engagea dans une première rangée et l’aperçut alors.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2523971637195530477?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2523971637195530477/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2523971637195530477' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2523971637195530477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2523971637195530477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/02/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_14.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 5'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-1669392100719791554</id><published>2009-02-07T05:10:00.001-08:00</published><updated>2009-02-07T05:10:29.140-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segment 4</title><content type='html'>-                     Rassure-moi. Tu lui as parlé, cette nuit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Stupeur. Bourdonnement électrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Renonçant aux manières, Philip s’était exprimé sans détours, déterminé à résoudre cette énigme dans les plus brefs délais. Il venait de réactiver le système auxiliaire et, exceptionnellement, son phrasé laconique laissait percer une frustration que même la Voix de la Maison fut forcée de prendre au sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qu’est-ce que tu t’imagines, encore ! ?, bougonna-elle à contrecœur. Tu sais bien que c’est impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je voudrais pouvoir m’en convaincre. Son récit fourmille de sous-entendus troublants, et j’ai du mal à croire qu’elle ait tout inventé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je suis d’accord. En matière de sous-entendus, cette petite fille est une experte. Depuis son arrivée, elle les accumule sans s’en rendre compte - et ceux-là ne sont pas les plus préoccupants, si tu veux mon avis -.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu jures que tu n’y es pour rien ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Bon sang, ça coule de source : si tu me bloques l’accès au canal d’émission, je ne peux pas l’utiliser, il n’y a pas à chercher plus loin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La virulence de la réplique parut ne pas atteindre son interlocuteur : par la fenêtre entrebâillée, il surveillait sa petite protégée qui jouait à proximité du chêne, courant après un gros papillon jaune. Il était fier de lui. Les papillons avaient été une excellente idée. Comme à l’accoutumée, la matrice avait rempli ses fonctions au-delà de toute espérance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Peut-être qu’elle a un Don, laissa-t-il échapper.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Une Psi, à cet âge-là ? !, s’empressa de commenter la Voix, intriguée.  Pourquoi pas, après tout. Ceci étant, permets-moi quand même de te rappeler qu’officiellement, ce type de faculté n’existe pas. Les recherches menées dans cette branche n’ont pas franchi le stade artisanal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Rien d’étonnant. Ce domaine d’étude avait mauvaise presse, à l’époque. Sur le papier, pourtant, ça paraissait plausible. Finaliser l’ensemble aurait été l’affaire de dix à quinze ans, tout au plus. J’ai eu accès à des rapports secrets avant que l’I.S.C. ne boucle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Merci, oui, je suis au courant. Parfois, tu sembles oublier qui je suis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pour le jeune homme, cette sentence fut comme une douche froide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Toutes mes excuses, grommela-t-il, sans une once d’honnêteté. J’avais l’esprit ailleurs. Tu n’ignores donc pas que ces expériences étaient sur le point d’aboutir, de prouver l’existence des capacités extrasensorielles, voire de trouver comment les exploiter sur un plan commercial… De fait, peut-être s’agit-il là d’une authentique Précog ?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Une Télépathe, plutôt. J’ai l’impression qu’elle lit en toi comme dans un livre ouvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Immédiatement, l’autre s’assombrit. Il n’avait pas le cœur à plaisanter, surtout à ses dépends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Eh bien, j’espère que tu te trompes, sinon nous irons au devant de réels ennuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Oh que non, mon ami ! ! Je t’arrête tout de suite. Les ennuis, c’est TOI qui les auras ! Toi et toi seul ! Enfin, il te faudra faire face à cette Vérité que tu fuis, ce qui ne sera pas pour me déplaire, tu t’en doutes bien !  J’ai attendu ça pendant tant d’années !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Furieux, Dawson bondit. Son doigt vola vers le bouton qui verrouillait le circuit principal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Soit. J’ai hâte de voir ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Qui, de lui ou de la maison, avait prononcé cet ultime défi, il n’aurait su le dire. Sans états d’âme, il désactiva le système audio et le silence tomba dans le petit salon. Dorénavant, seuls quelques cris de joie filtraient au travers de la vitre, annonçant le triomphe d’une Eléanore qui avait fini par attraper son premier papillon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Une Psi, murmura-t-il, à l’intention de son reflet sur le carreau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sans hésiter, il s’avança, fit coulisser la porte-fenêtre, posa un pied sur la terrasse… Sans se détourner de l’insecte, sa jeune invitée l’appela en trépignant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     M. Dawson, venez voir, vite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ce qu’il fit sans se faire prier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Or, tandis qu’il se rapprochait, son sourire s’affirma, perdit son apparence forcée pour feindre un naturel que nul n’aurait pu remettre en question. Comme elle exhibait son infortuné captif, celui-ci profita de l’occasion pour recouvrer sa liberté, lui arrachant une exclamation de consternation pendant que Philip l’entraînait dans un nouveau fou-rire, dont les échos résonnèrent jusqu’au crépuscule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Plus haut, une paire d’ailes jaunes monta dans le soleil et, à trop s’élever, disparut dans l’éclat.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-1669392100719791554?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/1669392100719791554/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=1669392100719791554' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1669392100719791554'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1669392100719791554'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/02/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segment 4'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-3415547770975936189</id><published>2009-01-31T05:24:00.000-08:00</published><updated>2009-01-31T05:26:57.740-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l'Aube - Segments 2 et 3</title><content type='html'>Un cauchemar, Dieu merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                     Ça n’avait été qu’un cauchemar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pendant une vingtaine de secondes, elle avait cru que l’univers explosait sous son crâne, l’emportant avec lui dans une chute infinie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cauchemar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle frémit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                              Tiens ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;      Que faisait-elle là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;      Et, d’ailleurs, quand s’était-elle levée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle tenta de se concentrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Quelques papillonnements de cils plus tard, un bruit de pas se fit entendre dans le couloir. Rapidement, elle se redressa, essuya les larmes au coin de ses yeux et réarrangea sa coiffure.&lt;br /&gt;                                                                                                                                                &lt;br /&gt;-                     C’est toi qui as appelé ?, demanda une voix derrière elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                        Philip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Cette fois, c’était bien lui. Il se tenait debout dans l’encadrement de la porte, avec un air soucieux qu’il ne cherchait pas à dissimuler. Vu sa façon de respirer, il avait dû courir pour venir jusqu’à elle, et il était si pâle ! Comme si son corps était de cire. Il n’était pas si blême, la veille au soir. Dans le matin naissant, il semblait épuisé, à bout de forces ou - elle ne put s’empêcher de s’en faire la remarque - à l’article de la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu as dormi ici ?, lâcha-il, notant qu’elle était en pyjama.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je suis confuse, s’excusa-t-elle. J’ai dû faire un cauchemar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un cauchemar, oui, sans doute. Il y a trop de cauchemars qui flottent sur cette colline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               Il se gratta le menton, comme s’il pensait à autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Depuis que je me suis installé ici, je ne fais plus que des mauvais rêves. Une conséquence de la solitude, je suppose, ou bien un tour des Fées. Il la gratifia d’un clin d’œil. A mon avis, le petit déjeuner aidera à dissiper tout ça. Aujourd’hui, exceptionnellement, tu pourras même avoir du jus d’orange, alors... Crois-moi, c’est terminé. Tant que je serai là, il n’y aura plus de mauvais rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur ce, il tourna les talons, partit vers la cuisine puis, s’apercevant qu’elle ne suivait pas, revint instantanément en arrière. Le dévisageant avec gravité, la fillette n’avait pas bougé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Que se passe-t-il, Eléanore ? ! Quelque chose ne va pas ? Si c’est lié à ce cauchemar, je peux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Monsieur Dawson, le coupa-t-elle. Répondez-moi franchement. Est-ce que je peux avoir confiance en vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Déconcerté, il fronça les sourcils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Voyons, c’est évident ! Tu peux te reposer sur moi, maintenant ! Jamais je ne t’abandonnerai, tu en as ma parole !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Solennel à l’excès, il leva la main droite et fit mine de cracher par terre. N’ayant pas prévu une telle réaction, elle éclata d’un rire qui s’éparpilla dans toute la maison et qu’il imita sans attendre. Dorénavant, ce n’était plus une métaphore :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit se trouvait derrière eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;*&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Tandis qu’ils savouraient un petit déjeuner fait de lait, de croissants, de chocolat en abondance - et de jus d’orange, comme promis ! -, elle lui raconta ses mésaventures nocturnes avec tant de détails qu’il se garda de l’interrompre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ensuite, la voix a dit que vous étiez… Elle hésita. Je n’arrive pas à me rappeler. C’étaient des mots étranges, peut-être d’une autre langue. Ah… Elle chercha un moment avant de renoncer. Non, je n’y arrive pas. Peut-être plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tant pis, ce n’est pas important. Ce n’était qu’un rêve, après tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Mais la maison, reprit-elle plaintivement, elle sait parler, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bien entendu.                              Hestia.                        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                          La Voix de la Maison…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Voilà qui expliquait beaucoup de choses !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Du revers de la main, il recoiffa ses cheveux en bataille : il n’avait guère envie d’aborder un sujet si problématique, cependant son invitée voulait des explications, et c’était légitime. N’était-ce pas en partie sa faute si sa nuit avait été aussi agitée ? ! Sans précipitation, il saisit une brioche et se pencha pour attraper le beurre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Oui, elle sait parler, mais elle m’obéit. Elle ne peut pas le faire si je ne l’y autorise pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Dommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Hier, je cherchais à t’impressionner, et je n’aurais pas dû. Avec toutes ces histoires de Fées, pas étonnant que tu aies mal dormi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Au fait… C’est quoi, une Sylphe ?, s’éclaira-t-elle soudain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il faillit s’étouffer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     On dit un Sylphe. C’est du genre masculin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Et qu’est-ce que c’est ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un Esprit du vent, une sorte de Lutin. Une de ces entités qu’on appelait « élémentaires »,  et qui étaient censées préserver l’harmonie universelle. Qu’il s’agisse des Gnomes, des Ondines, des Salamandres, l’addition de leurs pouvoirs servait de pilier à la réalité. Du moins, jusqu’à ce que les Salamandres décident de prendre l’avantage, bouleversant les règles du jeu. Le résultat, on le connait. La Terre en porte les cicatrices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qu’est-ce que vous racontez ? Je ne suis qu’une enfant, alors, évidemment, je ne suis pas aussi savante que vous, mais à mon avis, vous confondez avec notre espèce ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Peut-être. Seulement ses armes les plus puissantes, elle les avait baptisées « bombes Salammendar ». Tu vois, c’est approximativement le même terme et, compte tenu de leur effet, sûrement pas une coïncidence. Attisé par la bêtise des humains, le courroux des esprits a semé le chaos sur Terre, et tout s’est achevé dans un grand ouragan de feu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Donc si j’ai bien compris, les Sylphes maintenaient l’équilibre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tous, ils étaient nécessaires. Ondines, Gnomes, Salamandres… Le vent, l’eau, la terre et le feu. Chacun s’acquittait de sa tâche, envers et contre tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Maintenir l’équilibre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Eléanore laissa planer sa phrase, avant de rajouter :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Il existe aussi des esprits des arbres, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Effectivement. Comment ai-je pu les oublier ? ! Si mes souvenirs sont bons, il s’agit des…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Des Dryades.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pris de vitesse, il en resta bouche bée, stupéfait par l’exactitude de sa réponse. Et après ? Pourquoi se formaliser ? ! ! Cette petite fille n’était décidément pas comme les autres !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Comment est-ce que tu sais cela ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je me souviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Son regard s’en alla errer par-dessus son épaule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Quand j’étais plus jeune, ma mère me disait que j’étais une Dryade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Alors, je ne me trompais pas, tu es vraiment une Fée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Peut-être, reconnut-elle en pâlissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est tout ce dont tu te rappelles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pour l’instant, oui. Je pense que c’est à cause du rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     C’est en train de refaire surface. Un bon présage, pour les jours à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle finit son assiette et se leva de table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ce n’était qu’un rêve, vous êtes sûr ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Absolument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Faisant de même, il rangea leurs couverts, mit un peu d’ordre dans les placards, jeta les restes au recycleur et paracheva le tout d’un théâtral coup d’éponge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Tu peux me croire, les Sylphes étaient liés à l’ancien monde. Ils ont forcément disparu avec le cataclysme. C’est triste, mais c’est ainsi. On ne peut plus revenir en arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle approuva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’avait-il affirmé, à l’instant-même ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux me croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Les mots ricochèrent dans sa tête. Tu peux me croire. La Voix du cauchemar l’avait mise en garde : en aucun cas, elle ne devait lui faire confiance. Seulement, devait-elle vraiment prêter foi à ces avertissements ? Elle décida de sortir respirer : le grand air l’aiderait certainement à faire la part des choses, à dissiper l’incertitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était ce qu’elle espérait, en tout cas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-3415547770975936189?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/3415547770975936189/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=3415547770975936189' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3415547770975936189'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/3415547770975936189'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/01/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube_31.html' title='Mouvement 02 - Les Sept Couleurs de l&apos;Aube - Segments 2 et 3'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-501786176489456791</id><published>2009-01-25T04:48:00.000-08:00</published><updated>2009-01-25T04:49:24.639-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 02 - Les sept couleurs de l'Aube - Segment 1</title><content type='html'>Rideau de plumes, l’ombre était descendue sur la maison sans vie. De son manteau de nuit, elle avait étouffé les voix, les bruits, les éclats d’existence, en ramenant les braises à un souffle ténu, à un soupir imaginaire. Tantôt oppressante, tantôt moite, mais toujours doucereuse, on aurait dit qu’elle dévorait littéralement les objets de la pièce et qu’en tendant la main, on aurait pu saisir son voile pour l’arracher d’un geste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le regard vide, sans expression, la petite fille arpentait les couloirs, traînant les pieds, ses paupières lourdes d’un sommeil en suspens. Avançant à tâtons, elle paraissait ne savoir ni où elle allait, ni ce qu’elle recherchait dans le froid du néant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                              Peut-être…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                   Peut-être fuyait-elle un cauchemar ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Peut-être était-elle en quête d’un peu de lumière, d’un peu de jour pour transpercer cet épais brouillard cotonneux qui s’emparait du monde pour en faire un nouveau, déroutant et blafard ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le cœur battant, elle s’arrêta. Cernée par les ténèbres, elle avait l’impression de voir bouger des formes, des silhouettes indéfinissables, impalpables, éthérées, qui froissaient l’atmosphère avec d’artistiques raffinements, flottant, glissant, valsant confusément en écrivant dans l’air des lettres vite oubliées. Avec le temps, leurs contours s’emmêlaient, s’entortillaient en peintures improbables où chaque coup de pinceau s’effaçait aussitôt, se succédant l’un l’autre en une sublime chorégraphie de clair-obscur. Autour d’elle : des fantômes, des spectres, des revenants, des cohortes d’âmes errantes venant de l’autre rive et qui resurgissaient, à l’insu des vivants, pour danser leurs farandoles détestables. Tendant l’oreille, Eléanore pouvait surprendre mille murmures, mille râles confondus et, par-dessus ces râles, mille petits rires mauvais, mais elle fut incapable de rebrousser chemin. Avec le cloaque, tous ses repères s’étaient évanouis, elle n’arrivait plus à s’orienter. Ce long corridor derrière elle, où menait-il ? Elle ne se souvenait pas s’y être aventurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                         En outre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               La maison n’était pas si grande : on ne pouvait s’y égarer. Ce qui impliquait forcément…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’elle se trouvait ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Comme elle arrivait à cette conclusion, son pouls s’accéléra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ce n’était plus la maison,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où était-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Dressés à l’infini, trop lisses, les murs qui l’entouraient semblaient faits de miroirs ; d’immenses miroirs lui renvoyant l’image d’une même femme aux cheveux brillants à laquelle elle ressemblait étrangement. Avec eux, l’endroit prit des dimensions monumentales : des arches démesurées vinrent soutenir la voûte d’une cathédrale où ni colonnes, ni bancs, ni marbre ne rompaient l’uniformité d’un verre percé de centaines de couloirs. Par conséquent…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Soit ce n’était plus la maison. Soit, au contraire, c’était l’envers d’un décor par trop idéal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                        Difficile d’être sûre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Bonsoir, fit une voix sur sa gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le mot résonna un instant, heurtant les arches, le plafond et le verre, qui se volatilisèrent en pluie de diamant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;      Une voix…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Distincte. Réelle. D’une douceur calculée, doublée d’un soupçon de jubilation. Une voix qu’elle connaissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                  Une nouvelle fois, son cœur bondit dans sa poitrine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle était de retour dans un salon submergé d’ombres, mais si elle discernait vaguement le dos du canapé, les fauteuils attenants, le moniteur audio calé contre le mur, elle avait beau scruter les environs, tenter de repérer celui ou celle qui s’était adressé à elle, ce fut sans résultats. Reculant d’un pas, elle heurta une table basse, manqua de renverser un vase de porcelaine et s’immobilisa, au bord de la panique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Constatant l’effroi qu’elle lui inspirait, la Voix reprit plus gentiment :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Allons, allons, du calme ! Je ne te ferai aucun mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A peine audible, elle chuchotait toujours, venant de partout à la fois, surnaturelle et familière. Puis ce fut l’illumination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;             La voix de Philip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La même voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                             Quoique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Non, non, elle était différente ! Ses accents appuyés la rendaient plus vivante, plus marquée, moins mécanique… Son hôte s’exprimait sur un ton qui ne trahissait pas ses émotions, à l’inverse de cette Voix saturée d’un mélange contradictoire de passion et de nonchalance singulièrement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                              Rassurantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qui es-tu ?, risqua-t-elle, plus fort qu’elle ne l’aurait dû en ces circonstances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Mais nul ne répondit. Battant momentanément en retraite, l’importun ne reparut pas avant  d’être assuré que cette maladresse imprévue serait sans conséquences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Chut, voyons ! !, la gronda-t-il alors, contrarié. Il ne faut pas le réveiller ! Il ne veut pas que nous discutions tous les deux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Qui ça ? ! Philip ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Philip ! Ecorchant soigneusement le nom, son interlocuteur se fit condescendant. Evidemment, Philip ! Qui d’autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ignorant délibérément ces débuts d’insinuation, la petite fille préféra revenir au point qui la préoccupait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Je voudrais savoir qui tu es, revint-elle à la charge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     En voilà une énigme. L’Esprit de la maison, à ce qu’on dit. Cependant, tu peux m’appeler Sylph, si tu tiens tant que ça à me donner un nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le débit était neutre, régulier, sans inflexions particulières, néanmoins elle ne put s’empêcher de penser qu’il cachait quelque chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Parce que… Tu n’aurais pas de nom à toi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Grognement de résignation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Un nom à moi ? ! Quelle drôle d’idée ! On ne donne pas ce genre de chose à des Voix sans matière. J’en ai eu un, il y a longtemps, mais aujourd’hui, plus rien : il m’a été volé ou je l’ai oublié, au fond, quelle importance ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ce n’est pas triste, de ne pas avoir de nom ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Disons qu’on apprend vite à s’en passer, Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Cette dernière tressaillit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Ainsi donc, tu sais comment je m’appelle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Bien sûr. Je n’ai pas le droit de parler mais je peux observer, c’est même mon unique liberté, dorénavant. Aussi, écoute-moi, c’est fondamental : quoi qu’il arrive, ne lui fais pas confiance, jamais. Il n’est pas vraiment ce qu’il prétend être, alors fais attention ! Veille sur ton nom, fillette, si tu tiens à le conserver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                De plus en plus intimidée, cette dernière semblait ne rien y comprendre, ou plutôt : ne pas oser essayer. Il y avait une question qu’il lui fallait poser, une question dont elle avait peur mais qu’elle ne pouvait pas garder pour elle. Or, cette question était :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                     Pourquoi ? Pourquoi tous ces mystères ? Qui est-il, à la fin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A ces mots, le salon s’emplit d’obscurité : au lieu de chuchoter, la Voix se mit à hurler, menaçante, sauvage ; et ce n’était plus la même voix mais celle d’une femme, déchirée par la haine, par la folie, une voix qu’elle avait déjà entendue. La réponse engloutit la pièce, et la réponse était :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                  GAEA MATER.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Les yeux de l’enfant s’écarquillèrent de terreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;             NON…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            NON !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            NON ! !&lt;br /&gt;                               Ça ne se pouvait pas ! ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A son tour, elle cria, avec une violence telle que le précédent cri se tut, changé en étincelles qui tombèrent en cascades tandis que la nuit s’effondrait : partout, partout, sa noirceur se craquela, laissant paraître de fins rais de lumière, avant d’être soulevée par le souffle du jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Assise sur le divan, Eléanore fixait l’azur à travers le carreau.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-501786176489456791?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/501786176489456791/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=501786176489456791' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/501786176489456791'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/501786176489456791'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/01/mouvement-02-les-sept-couleurs-de-laube.html' title='Mouvement 02 - Les sept couleurs de l&apos;Aube - Segment 1'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2657346044727268667</id><published>2009-01-18T07:55:00.000-08:00</published><updated>2009-01-18T07:56:01.179-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 15</title><content type='html'>Bond dans le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Au seuil de la maison, ils scrutaient les nuages fardés de clarté en sursis, sans bouger, côte à côte, attendant que ce premier jour s’achève et qu’une nuit la remplace. A la dérobée,  Philip détaillait toujours sa petite protégée, comme s’il lui suffisait de se montrer persévérant pour en percer les plus infimes secrets. Elle avait l’air tellement heureuse, tellement… Comblée. Egaré dans l’azur, assorti, le ciel de ses prunelles brillait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                De ravissement ? De joie ? De soulagement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Que pouvait-elle bien distinguer, entre les nues, qu’il ne pouvait pas voir ? Y lisait-elle des signes à son adresse ? Des conseils ? Des avertissements ? Y cherchait-elle les silhouettes de  ses parents disparus ? L’image de son propre visage, si jeune, si insouciant et en même temps, si nostalgique ? Entre les deux, devinait-elle cette aura d’innocence qui émanait d’elle en toutes circonstances, étincelle d’un astre improbable apparue comme par enchantement au cœur d’un monde meurtri comme un flambeau céleste, présage de renaissance...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                              Une petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                      Une petite fleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sentant le poids de son regard, elle tressaillit : ses traits l’interrogeant, ses lèvres affichèrent un dernier sourire ; un sourire charmeur, délicieux et si délicieusement charmeur qu’il en oublia la colline, la Lune, la maison blanche, la tâche écrasante qui lui incombait… Oublia où il se trouvait, qui il était, ce qu’il voulait, avec l’agréable impression de sortir d’un long, très long sommeil. Hélas, trop rapidement, la sensation se dissipa, réduite à un banal sourire. Un sourire enfantin. Celui d’Eléanore. Son cœur, alors, se mit à battre plus douloureusement qu’il ne l’aurait dû. Un nouveau pressentiment l’assaillit. Une sorte d’appréhension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                 Une petite fille…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pour l’heure, il pouvait la considérer comme tel - puisque c’était ce qu’elle était -, néanmoins elle grandirait vite... Et demain ? ! Qu’amèneraient les jours à venir ? Il le supposait, ce qui viendrait par la suite ne serait plus si simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Surtout si elle était vraiment…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         En arrivant, j’ai longé plein de champs, déclara-t-elle d’un ton badin, laissant la chaleur de sa voix combler le gouffre qui s’était creusé entre eux en fin de repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aucun doute possible : quand elle prétendait avoir jeûné pendant des jours, ce n’était pas une façon de parler. Pour preuve : en vingt minutes, elle avait englouti l’équivalent de plusieurs rations régulières, ne cessant pas d’en demander et d’en redemander au point que devant pareil appétit, il n’avait pas pu s’empêcher de retenir son souffle, craignant qu’Hestia ne puisse synthétiser assez de nourriture. Cependant ces craintes étaient sans fondements : sollicitant à peine le millionième de ses capacités, son invitée avait pu manger à sa faim, et très certainement au-delà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ceci fait, ils avaient débarrassé la table et s’étaient installés dans la salle de séjour, où il avait sélectionné pour elle quelques morceaux choisis de son « audiothèque idéale », espérant qu’elle saurait les apprécier comme ils le méritaient. Il ne l’avait pas regretté. D’emblée, elle avait été subjuguée, entrainée loin de la maison par l’harmonie des notes, plongée dans un univers où il n’avait pu l’accompagner tant il n’existait que pour elle. De toute manière, il avait posé assez de questions. Brusquer les choses serait risquer de nouvelles larmes, qu’il ne saurait pas épancher ; aussi préférait-il attendre. Le moment des réponses viendrait, il en était fermement convaincu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Et avec lui viendrait le moment de …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est une colline étrange. Tellement calme, tellement silencieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il acquiesça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu as raison. C’est un endroit à part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Un endroit magique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle ponctua sa phrase d’un clin d’œil entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pourquoi magique ?, s’enquit-il, décontenancé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Les Fées, énonça-t-elle, énigmatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu les as vues ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Sur le chemin, j’en ai aperçues quelques-unes. Dans la forêt, parmi les arbres. De minuscules points lumineux, portés par la douceur de l’air, protégés par les branches... Bon gré, mal gré, ils m’ont suivie de loin jusqu’au chemin de terre qui mène à votre maison. D’ailleurs, à ce sujet, cette maison, c’est bien la vôtre, n’est-ce pas ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         En tout cas, c’est là que je vis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Parce que… Tout paraît tellement irréel, ici. Même cette escorte de Fées paraissait plus tangible, voletant et virevoltant comme la lumière sur l’eau, la rosée sur les feuilles. Je ne saurais décrire le spectacle de leurs rondes tant c’était fantastique, cependant j’aimerais le pouvoir, très sincèrement ; tout comme j’aurais aimé pouvoir les retenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                L’attention de son hôte se porta vers le firmament.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Les Fées… Il y a de singulières histoires qui courent sur cet endroit. D’anciens récits faisant mention d’esprits, de demoiselles ailées guettant les voyageurs là où les routes se croisent pour mieux les séduire ou les égarer. Des légendes souvent poétiques, parfois cruelles, qu’on lisait aux enfants quand il y avait encore des enfants pour s’en réjouir. A les en croire, cet endroit servirait de cour aux gens du petit peuple, dont les terres d’origine seraient dissimulées quelque part sous nos pieds, à l’abri de toute convoitise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Est-ce que c’est vrai ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Intriguée, passionnée - transportée, même ! -, elle buvait ses paroles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Eh bien, dans le registre des contes, difficile d’être catégorique. Pour autant que je sache, aucune caverne n’a été répertoriée dans ce périmètre, mais considérant ce dont tu as été le témoin, peut-être que l’on n’a pas creusé où il fallait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Vous-même, vous n’en avez jamais vu ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il fit non de la tête.&lt;br /&gt;                                                                   &lt;br /&gt;-                  Jamais. Seulement je ne sors pas beaucoup, alors ça ne prouve rien. Si ça se trouve, je suis passé mille fois à côté d’elles, sans m’en rendre compte ; à moins que ce ne soit l’inverse. Peut-être, aussi, que j’ai perdu mon âme d’enfant, et qu’elles refusent de m’apparaitre ? Comment savoir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Faites tout ce que vous pouvez pour la retrouver, alors, le sermonna-t-elle gentiment, parce qu’elles existent, je vous le jure ! Elles étaient… Féériques, il n’y a pas de meilleur mot pour les définir ! Vous avez parlé de récits, les concernant. Dites… Vous en connaissez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Si j’essayais, je pourrais vraisemblablement m’en remémorer un ou deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Vous essaierez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il se racla la gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         S’il n’y a que cela pour te faire plaisir. Il ne me faut qu’un peu de temps pour me les rappeler, aussi… Aujourd’hui, nous ne veillerons pas, tu es trop fatiguée  pour ça, mais dès demain, je t’en raconterai une.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Promis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Promis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Dans ce cas, en échange, je vous les montrerai. Elles sont tellement mignonnes ! Il faut absolument que vous les ayiez vues au moins une fois dans votre vie ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;.…….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                   Allons bon ! Quitter la colline ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                     Partir à la rencontre des Fées ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A cette perspective, il eut un rire amusé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Qu’y a-t-il de si drôle ?, se renfrogna-t-elle aussitôt, vexée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Rien, rien. Ne t’inquiète pas. C’est juste que je viens de comprendre. Toi même, tu es une Fée. Tu viens de m’inviter dans ton royaume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pour toute réponse, elle le toisa longuement et murmura, si bas qu’il fut obligé de tendre l’oreille :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                          Non. Mon royaume est tout autre, tu verras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Entre les deux silhouettes assises sur le perron, le silence retomba.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                   Enfin, la lumière disparut en emportant le ciel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2657346044727268667?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2657346044727268667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2657346044727268667' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2657346044727268667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2657346044727268667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/01/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_18.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 15'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-6344243011407752543</id><published>2009-01-10T05:33:00.000-08:00</published><updated>2009-01-10T05:35:30.719-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au pays des Merveilles - Segment 14</title><content type='html'>Il leva son index en signe d’assentiment, n’obtenant pour tout commentaire qu’une mimique offensée. Je ne suis plus une gamine de six ans à qui on peut faire croire n’importe quoi, aurait-elle rétorqué si elle n’avait pas eu peur de le contrarier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Exactement, s’expliqua-t-il, c’est de la maison dont il est question. Figure-toi qu’Hestia est un peu… Spéciale. C’est elle qui s’occupe du ménage, de la cuisine, du renouvellement des ressources, et elle se débrouille comme un chef. Tu n’as qu’à lui présenter une requête, elle l’exaucera sans conditions, pour peu que celle-ci soit réalisable et correctement formulée. Parfois, il lui arrive aussi de vouloir bavarder, alors…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         De vouloir bavarder ? ! Vous voulez dire qu’elle parle ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Quand le débat l’inspire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Oh, s’il vous plaît… Faites-là parler ! J’aimerais bavarder avec elle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                       Evidemment… Mais à quoi pensait-il ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il avait senti la conversation glisser vers ce sujet ô combien épineux mais il ne s’était pas montré plus prudent pour autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A force de vouloir l’éblouir, il venait de rater l’occasion de se taire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;              Dans les heures qui suivraient, il devrait à tout prix surveiller ses propos s’il voulait garder le contrôle de la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Promis, tu le pourras, mais pas maintenant. Tu peux rester ici tant que tu veux. Toujours, même, si tu le désires. N’aies aucune crainte : vous ferez bientôt connaissance. Vous avez tout votre temps pour ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Renversant la tête en arrière, elle laissa libre cours à sa joie juvénile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         D’accord ! C’est décidé, je resterai ici ! !, s’illumina-t-elle, à l’instant-même où il s’assombrissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Jusqu’à présent, il n’avait pas noté à quel point ses vêtements ne lui allaient plus, et pourtant, maintenant qu’il s’y attardait, l’évidence s’imposait : d’un jaune uni, légèrement délavé, sa robe était celle d’une petite fille sage, une robe d’enfant comme on n’en faisait plus sur Terre depuis le XXème siècle, imprimée en rubans de motifs fantaisistes, trop courte d’au moins deux tailles, laissant apparaître ses poignets, une partie de ses jambes mais sans paraître ni sale, ni abîmée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                  Ni vraiment vieille, en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Difficile de croire que son invitée ait pu voyager des mois dans cette tenue. Bien sûr, celle-ci semblait usée, cependant… Pas suffisamment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il n’aurait su le dire mais quelque chose clochait. Soudain, il se souvint d’une chose qu’il avait à lui annoncer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         J’oubliais. Pour te souhaiter la bienvenue, la maison a tenu à te faire un cadeau. Elle a pensé que tu aimerais avoir une nouvelle garde-robe, en conséquence de quoi t’a-t-elle confectionné tout ce dont tu pouvais avoir besoin. Jupes, chemisiers, volants, chapeaux de pailles… J’espère que ça te conviendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur ce point-là, il pouvait être tranquille : jetant de discrets coups d’œil autour d’elle, l’enfant était aux anges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Patience, patience ! J’ai rangé ça dans la penderie de tes appartements. Désormais, tu auras une chambre à toi, nous te l’avons aménagée pendant la nuit. Mais une chose à la fois : pour le moment, tu ne dois plus songer qu’à te remplir le ventre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                L’ayant guidée vers la salle à manger, il lui indiqua où s’asseoir, s’approcha du panneau mural et y passa commande tandis qu’elle l’observait sans lui cacher son intérêt, attentive à ses moindres gestes, vérifiant mine de rien la liste qu’il soumettait à la machine. Les crêpes, les œufs, le chocolat… Docile, Hestia n’émit aucune protestation. Au bout d’une dizaine de secondes, un pan de paroi coulissa et un panneau surgit, exhibant un repas dont le fumet était aussi alléchant qu’indéfinissable. A peine servie, renonçant aux manières, la fillette se jeta sur son assiette, parvenant malgré tout à conserver sa dignité - ce qui, en de telles circonstances, était un bel exploit -.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est bon !, lâcha-t-elle, la bouche pleine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                De l’autre bout de la table, il la regarda faire pendant quelques minutes puis attaqua ses œufs et sa salade de pommes de terre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-6344243011407752543?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/6344243011407752543/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=6344243011407752543' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/6344243011407752543'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/6344243011407752543'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2009/01/mouvement-01-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au pays des Merveilles - Segment 14'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-5765333096291170815</id><published>2008-12-29T10:03:00.000-08:00</published><updated>2008-12-29T10:08:12.698-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 13</title><content type='html'>- C’est que… Tout le monde est mort, se lamenta-t-elle, gorge nouée. Il n’y a plus personne, plus de vie, plus rien. La Mort est descendue et n’a laissé que moi, seule, infiniment seule. Elle n’a pas voulu m’emmener.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dernière plainte le ramena à la réalité. Pupilles écarquillées, il la dévisagea et se mordit la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel imbécile ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est-ce qui lui avait pris, de se montrer aussi brutal ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle aussi, elle avait sans doute perdu des personnes qui lui étaient chères ; et elle était autrement plus fragile que lui ! Quelles que soient les épreuves qu’il avait traversées, il n’avait pas à la traiter de cette manière, c’était impardonnable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cherchant à la réconforter, il lui frotta nerveusement les cheveux avant de remarquer :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vrai, tu n’es pas morte, mais nous sommes deux dans ce cas-là. Alors, pourquoi d’autres que nous n’auraient-ils pas eu cette chance ? Toi-même, tu as dû naître bien après la fin de la guerre, il y a donc de l’espoir. Tes parents, où est-ce qu’ils sont ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se recroquevilla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne sais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Est-ce qu’ils sont… Morts ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, marmonna-t-elle, comme un disque rayé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Visiblement, elle souffrait rien que de devoir le reconnaitre, et cependant… Malgré le mal que cela lui faisait, elle le reconnaissait sans amertume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un jour, je me suis réveillée et ils n’étaient plus près de moi. Je n’avais plus de père, je n’avais plus de mère pour se soucier de moi. Ils ne m’avaient rien laissé d’eux, pas même quelques souvenirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pas même quelques souvenirs ? !, frissonna-t-il. Qu’est-ce que ça signifie, Eléanore ? De quels souvenirs est-ce que tu veux parler ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’avait pas pu s’empêcher de poser la question mais au fond, il savait pertinemment à quoi il devrait s’en tenir : elle ne pourrait rien lui apprendre, rien éclaircir, rien expliquer… Tant pis. Dans l’immédiat, seuls comptaient les perles de lumière qui luisaient sur ses joues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce matin-là, hoqueta-t-elle, il faisait gris, il faisait froid, si froid... Pour moi, c’était le premier de tous les matins, il n’y en avait jamais eu avant celui-ci. Ma mémoire était vide, réduite à quelques pièces éparses, quelques fragments sans cohérence, rien que des sensations : un nom – Eléanore -, qui n’était peut-être pas le mien, la certitude d’avoir eu des parents, mais sans pouvoir me rappeler le moindre détail les concernant. Leur tendresse, leurs conseils, les histoires qu’ils me racontaient quand j’étais plus petite, tout m’avait été enlevé pendant que je dormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fermeté avec laquelle elle s’exprimait laissa Philip admiratif autant qu’interloqué : ainsi, elle avait tenu bon, sans le soutien d’adultes, dans un monde sauvage, menaçant, aux lisières de la mort ? ! En dépit de son âge, elle faisait preuve d’une force de caractère qu’il était loin d’avoir, lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et qu’est-ce que tu as fait, ensuite ?, risqua-t-il avec un tact dont il n’était pas coutumier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai marché, simplement. Est-ce que j’avais le choix ? Je n’avais nulle part où aller, nulle part où m’installer, pas de chez-moi, pas de repères, alors j’ai erré au hasard des jours, des mois, peut-être même des années durant, espérant rencontrer quelqu’un ou bien m’écrouler pour toujours, sans plus jamais pouvoir me relever.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Buttant sur cet aveu, elle se tassa encore, éclata en sanglots et cacha son visage dans le creux de ses paumes, sans que son hôte puisse rien faire pour la consoler. Il le devait, pourtant, il en était conscient : faire un geste - juste un geste ! -, de manière à la rassurer, la soulager d’un peu de sa douleur, lui faire comprendre qu’elle ne serait plus seule, qu’il serait là - qu’il serait toujours là - pour elle, qu’elle pouvait se reposer sur lui, désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prendre dans ses bras, lui saisir la main… Qu’importe, du moment qu’il réagissait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas, il en fut incapable. Il sentait son cœur se serrer, évidemment, seulement il avait beau essayer de se raisonner, il ne pouvait que rester là, immobile, impuissant, ses muscles refusant de bouger, s’efforçant d’avancer ne serait-ce que d’un pas vers elle, en vain. Au bout du compte, tout ce qu’il put faire fut un mouvement dans sa direction : un mouvement maladroit, et qui venait trop tard. De son côté, en une seconde, elle avait essuyé ses larmes, comme si elles n’avaient été qu’un mirage, un instant d’égarement, enfouissant son chagrin au plus profond d’elle-même pour afficher un nouveau sourire, moins franc, plus rêveur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’y pense !, s’exclama-t-elle soudain, avec un soupçon de malice. Vous ne m’avez même pas dit qui vous êtes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’en fallut pas plus pour le tirer de sa torpeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Décidément, aujourd’hui, je manque à tous mes devoirs. C’est à se demander ce qu’on m’a appris quand j’avais ton âge. Je m’appelle Philip ; Philip Dawson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Philip Dawson. Elle opina. Un nom intéressant. Familier, qui plus est. J’ai l’impression de l’avoir déjà entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est peu probable. Je ne m’éloigne que très rarement de cette colline. Tu dois confondre avec un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- En rêve, c’est ça !, s’éclaira-t-elle, lui coupant la parole. En rêve, ça me revient ! Dans un rêve avec des miroirs ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut comme une sorte d’écho sur le mot miroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un écho, ou plutôt…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un reflet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il inclina la nuque en signe de capitulation. Trop de coïncidences, d’éléments défiant l’entendement, de mystères qu’il ne pourrait pas élucider. Autant les accepter comme tels et ne pas s’en soucier…Du moins, pour le moment. Son existence, l’aisance avec laquelle elle lui parlait, sa présence sur la Lune… C’était si surprenant, en soi. Malgré cela, en y réfléchissant, le lieu où il vivait semblait-il moins factice ? Quelle était la valeur exacte de cet endroit intemporel ? Etait-il vraiment plus crédible, plus plausible que ce qu’il vivait maintenant ? A peine. Comme si le monde réel avait cessé après la catastrophe, ne laissant que des fantasmagories pour occuper l’espace, habiller l’univers de quelques songes rebelles, emmaillotés de courants ascendants, mêlés d’ambitions et de regrets dérobés aux morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour prochain, tout s’effacerait, sans doute, et ni lui, ni la petite fille n’auraient jamais vécu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Il m’arrive de faire des rêves de ce genre, avoua-t-il enfin. Avec de grands miroirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous êtes sérieux ? !, s’épanouit Eléanore. Alors si ça se trouve, peut-être que nous étions destinés à nous rencontrer, qui sait ? ! Peut-être qu’il n’y a pas de hasard, et que tout est écrit, vous ne le croyez pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être, oui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il haussa les épaules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’il en était véritablement, l’avenir le leur dirait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur ce, il se leva et cala ses poings sur ses hanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu dois avoir faim, je me trompe ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il n’eut pas à reformuler. Ni une, ni deux, sa jeune invitée bondit sur ses pieds, si énergiquement qu’elle faillit le bousculer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Non ! !, lança-t-elle, s’écriant presque : bien sûr que non, vous ne vous trompez pas ! ! Ça fait au moins quatre jours que je n’ai pas mangé ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Impressionné, il lui fit signe de le suivre sans délai.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;-                         Pour le petit déjeuner, il est un peu tard. Autant passer directement au déjeuner, si tu n’y vois pas d’objection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Au contraire ! Ce serait parfait !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avec un brin de coquetterie, elle lissa les bords de sa jupe avant de lui emboîter tranquillement le pas.&lt;br /&gt;        &lt;br /&gt;-                         Je veux des crêpes !, fit-elle en feignant le caprice. Avec du sucre, du chocolat. Des œufs frais, des tomates. Des pommes de terre. Du gruyère. Du pain chaud. Du lait. Des croque-monsieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il rit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu auras tout ce que tu veux, mais pas forcément dans cet ordre-là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               &lt;br /&gt;-                         C’est juré ?, Vous allez vraiment me préparer tout ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Devant tant d’enthousiasme, il ne put que s’esclaffer de plus belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tout ça et plus, si tu en as envie. Mais autant être honnête, ce n’est pas moi qui ferai quoi que ce soit. Aux fourneaux, je suis une calamité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle mordilla ses lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Donc, il y a quelqu’un d’autre, c’est ça ? ! Quelqu’un que je n’ai pas rencontré ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         En quelque sorte. En fait, ce quelqu’un est ici, dans cette chambre, partout autour de toi ; dans chaque pièce, chaque couloir, jusque dans l’air que tu respires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Vous voulez dire… La maison ? !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-5765333096291170815?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/5765333096291170815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=5765333096291170815' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5765333096291170815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5765333096291170815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/12/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_29.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 13'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-1282057849112861946</id><published>2008-12-21T05:04:00.000-08:00</published><updated>2008-12-21T05:06:04.345-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 12</title><content type='html'>La première chose qu’il vit, en s’éveillant, ce fut ses yeux : ses grands yeux clairs posés sur lui, perplexes, inquisiteurs ; tant et si bien qu’un instant, il crut qu’il rêvait encore, puis le monde revint à sa place. Ainsi, il s’était assoupi ? ! Curieux. Habituellement, il pouvait tenir des semaines sans fermer l’œil, et là…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Se redressant, il se massa les tempes, étouffa un bâillement et s’installa face à l’enfant assise au coin du lit. Une nouvelle fois, il ressentit cette impression de calme qui l’avait intimement touché, alors qu’elle reposait et qu’il la regardait dormir : toute la dureté, toute la sécheresse, tous les griefs dont il portait les germes au sein du monde d’avant s’étaient évanouis dans cette rencontre. Est-ce que tu sais parler ?, s’interrogea-t-il, pour la forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;          Probablement pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Les circonstances étant ce qu’elles étaient, comment l’aurait-elle pu ? Son « bonjour » de la veille n’avait fait que singer le sien, il ne pouvait pas en être autrement. C’était ainsi qu’elle s’adaptait à son nouveau milieu, ainsi qu’elle survivait, aussi cherchait-il déjà comment se faire comprendre d’elle quand elle articula trois mots, achevant de le déstabiliser. Sa voix était translucide, cristalline, limpide comme l’eau vive de montagne, d’une sonorité si particulière qu’elle lui donnait l’aplomb d’une grande personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je m’appelle Eléanore, lâcha-t-elle tandis qu’il perdait pied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               La phrase résonnant dans la pièce, il répétait sans cesse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                C’était comme dans son rêve - exactement comme dans son rêve ! - : elle lui souriait, et elle déclarait : « Je m’appelle Eléanore ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le même sourire. La même voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’était pas normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Il devait y avoir une bonne explication : elle avait chuchoté, ses paroles s’étaient glissées en lui pendant son sommeil. Oui, ça ne pouvait être que ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Seulement le nom…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Une fois de plus, il sentit le tissu du décor se froisser, se tordre, se déchirer pour révéler un abîme qu’il couvrait à peine : soudain, c’était l’univers entier qui devenait singulier, inconcevable et sibyllin ; de l’arrivée de la petite fille à son nom, son regard… Le monde paraissait moins logique, moins naturel. Son quotidien ? Des illusions, des chimères, ou un rêve - son rêve - et lui, se croyant éveillé, trompé par une certitude de conscience qu’il ne pouvait pas remettre en question et dont il était prisonnier : la colline, la fillette, tout avait surgi de son imagination. Il lui avait suffi d’ouvrir les yeux pour donner matière à l’un comme à l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Eléanore ? !, reprit-il, sur un ton exagérément détaché. C’est un joli prénom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est comme cela qu’elle s’appelle, votre femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avant qu’il n’ait pu réagir, elle s’empressa de désigner le cadre qui trônait sur la table de nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est écrit sur la photo, je suis désolée. Je n’aurais pas dû y toucher sans autorisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Son air contrit disparut vite, pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est bien votre femme ?, compléta-t-elle avec entrain. Elle est très belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Morose, il eut un mouvement de recul et se détourna de ce souvenir qu’il aurait voulu oublier, mais dont il n’avait jamais réussi à se débarrasser. Tu as raison, elle est très belle, ça oui. Mille fois plus belle que cette photo ne le laisse deviner. Mille fois plus belle que toutes les autres femmes, en fait, et je n’exagère pas ! Effectivement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                          Effectivement, c’était ma femme, et elle portait le même prénom que toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Où est-ce qu’elle est ? Elle est ici ? Dans cette maison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                           Je ne veux pas en discuter, s’affligea-t-il intérieurement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Non. Enfin, pas vraiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle est où, dans ce cas ? Et ça veut dire quoi, pas vraiment ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle dort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il avait répondu plus abruptement qu’il ne l’aurait dû. Trop, sûrement, vu comme elle blêmissait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Est-ce qu’elle est morte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                          Morte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le terme l’atteignit en plein cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Non, non, corrigea-t-il froidement. Elle dort, c’est tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                S’ensuivit un silence gêné durant lequel elle évita de relever la tête.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-1282057849112861946?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/1282057849112861946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=1282057849112861946' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1282057849112861946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1282057849112861946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/12/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_21.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 12'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-4536659078661805955</id><published>2008-12-08T07:27:00.000-08:00</published><updated>2008-12-08T07:28:50.798-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segments 10 et 11</title><content type='html'>La fillette dort encore.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;                          Profondément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Penché au-dessus d’elle, il peut sentir le souffle de sa respiration, détailler son visage, discrètement révélé par le halo Terrestre : dans les ténèbres, la planète et l’enfant s’accordent d’une égale perfection, le ramenant à ses incertitudes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                            Qui était-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                          D’où venait-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                   Comment avait-elle survécu et, surtout, comment était-elle arrivée là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sa présence sur la Lune était une énigme, qu’il ne pourrait pas résoudre sans aide. Inutile, donc, de batailler en vain. Se faisant une raison, il attrape le tabouret de la table de nuit et vient s’asseoir à son chevet, où il n’a plus qu’à attendre son réveil. Attendre, une fois de plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                   Attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                           Une dernière fois ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Des heures durant, il veille sur son sommeil, l’observe d’un regard bienveillant. Car non, elle n’a rien d’un fantôme : son pouls est paisible, régulier. A chaque inspiration, sa poitrine se soulève imperceptiblement avant de redescendre. Jamais ses battements de cœur ne s’emballent. Ses traits sont un peu ronds, un peu trop fins, avec au front quelque chose de léger, quelque chose qu’il envie, quelque chose comme de l’insouciance. Autour d’elle, ses cheveux mi-longs sont semés en couronne, sa bouche s’entrouvre à peine, sa petite main se crispe contre l’oreiller de plumes... Avec un étonnement croissant, Philip découvre que cette vision l’apaise, le libère de ses doutes, de ses appréhensions qui s’effacent une à une tandis qu’il se détend, qu’il se délasse. Tout à coup, le voilà saisi d’un sentiment étrange, une sorte d’attendrissement. Tout va changer, songe-t-il en s’étirant. Cette petite fille…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                             Que voulait-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que venait-elle chercher sur sa colline ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’où allait-elle l’entraîner ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A force de méditer, il passe la nuit près d’elle et, laissant d’autres heures s’échapper …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, s’endort à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La Terre est au plus haut du ciel. Tout à la fois : imposante et lointaine avec, ouverts sur son visage, deux yeux immenses qui restent posés sur lui, quoi qu’il fasse pour s’en libérer. A une dizaine de mètres de lui se tient une silhouette pâle, changeante, dont il n’ose s’approcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Une petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                          Trouble. Irréelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il a beau la fixer, il n’en distingue que les grands yeux bleu-océan, les mêmes yeux que la Terre qui, entre temps, est devenue miroir. Marchant vers lui, imperturbable, celle qui le toise esquisse trois mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je m’appelle Eléanore, lâche-t-elle d’une voix familière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    Ensuite, elle rit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                           Rit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                               Rit plus fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                              Et le miroir vole en éclats.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-4536659078661805955?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/4536659078661805955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=4536659078661805955' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4536659078661805955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4536659078661805955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/12/mouvement-01-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segments 10 et 11'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-4404332818457089397</id><published>2008-11-22T06:34:00.001-08:00</published><updated>2008-11-22T06:36:26.735-08:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 9</title><content type='html'>Resurgissant après une courte pause, la Voix ne lui laisse pas le loisir de poursuivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Qu’est-ce que tu fuis, au juste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         De quoi est-ce que tu parles ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         De cette histoire, avec Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                           Evidemment.  Eléanore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Instinctivement, il serre le poing. Cet imbécile ! ! Pourquoi ne pouvait-il pas éviter d’en revenir toujours à Elle ? ! Etait-il aussi stupide qu’il paraissait l’être, ou prenait-il plaisir à le persécuter ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                  Subitement, sa colère éclate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Arrête de parler d’elle ! ! Je ne veux plus que tu prononces son nom en ma présence, est-ce que c’est clair ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Parce que tu l’as aimée, ou parce que tu n’arrives pas à l’oublier ? ! C’est ça que tu fuis ? ! Le Passé ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         TU… Philip commence par crier, mais se ressaisit bientôt. Tu sais très bien ce que je fuis, alors fous-moi la paix ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tout ça parce que tu souhaites devenir quelqu’un d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         D’accord, tu as gagné. Cette fois, j’en ai assez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Excédé, il se lève, se dirige vers le moniteur. Y entre son code prioritaire. S’apprête à confirmer son ordre. Aussitôt, la maison laisse transparaître son inquiétude.&lt;br /&gt;           &lt;br /&gt;-                         Eh là, doucement ! Tu ne vas pas…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Si. Je t’interdis l’accès au canal d’émission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pourquoi ? ! Parce que j’ai parlé d’Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Mal à l’aise, il essaie de ne pas sembler contrarié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Non. Ça n’a rien à voir avec ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bien entendu, il ment. Il est piqué au vif par un discours beaucoup trop pertinent pour qu’il puisse en faire abstraction : plus que tout, il est furieux d’avoir été remis à sa place par son…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                              Par cette Voix qui l’agace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il a beau tenter de dissimuler sa rage, celle-ci se ressent aisément, ce qui ne l’empêche pas d’essayer de garder la face, même si ses explications ne sont pas très convaincantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est à cause de cette fille, O.K. ? ! Dieu sait ce qu’elle irait s’imaginer si tu me désobéissais et que tu t’avisais de lui faire la conversation ! A cet âge-là, on est impressionnable. Je ne veux pas qu’elle croie à une maison hantée. Et puis, tu es trop impulsif. Tu finirais par lui révéler qui tu es.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         L’Esprit de la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Parfaitement calculée, la réplique est cinglante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         L’Esprit de la maison, oui. Exactement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il voudrait donner de meilleures raisons seulement il n’en a pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Il ne faut pas qu’elle ait vent de ton existence, tu comprends ? Les circonstances l’exigent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Evidemment. Je comprends tout à fait. Maintenant que tu l’as elle, tu vas pouvoir te débrouiller sans moi ! Quelle chance ! Le grand Philip Dawson a une nouvelle amie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il est tard : Philip est exténué, il ne veut pas relever le sarcasme. Après tout, pourquoi s’en donner la peine, quand tout a été dit ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu es prêt ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pour combien de temps, le black-out ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Autant qu’il le faudra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je vois. J’espère quand même que tu me tiendras au courant, si tu apprends des choses sur elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je le ferai, je t’en donne ma parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Chose extraordinaire, cette fois, il est sincère.                   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                  Pour ce que ça lui coûte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avant qu’il ne verrouille les communications, la paroi la plus proche s’offre le luxe d’une dernière raillerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Ça promet d’être intéressant. Un intrus dans ton univers. Un individu. Une de ces odieuses créatures qui interrompent à tout bout de champ. Tu sais, même si tu te débarrasses de moi, je crois que tu n’es plus prêt de pouvoir écouter ta musique tranquille !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Elle aurait certainement ponctué ces mots d’un ricanement si le jeune homme n’avait pas mis sa menace à exécution, coupé le système principal, refermé le panneau mural et quitté la salle à manger. Bon. Que faire, maintenant ?, s’interroge-t-il déjà. Avec cette invitée surprise dans les parages, hors de question d’aller travailler au sous-sol, alors… Se reposer ? C’est qu’il n’en a pas très envie. Trop de contradictions se bousculent sous son crâne, trop de pressentiments... Et puis, il a peur de ses rêves, trop sombres, trop équivoques. A pas de loup, il traverse le salon, s’engage dans le couloir, entre dans la chambre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-4404332818457089397?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/4404332818457089397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=4404332818457089397' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4404332818457089397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4404332818457089397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/11/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_22.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 9'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-7297415116608478315</id><published>2008-11-01T05:50:00.000-07:00</published><updated>2008-11-01T05:51:18.144-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 8</title><content type='html'>La Voix de la maison interrompt ses pensées, néanmoins il décide de ne pas s’en soucier : il vient de rétablir la connexion et, pour l’instant, il a d’autres préoccupations en tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle est couchée ?, lui demande-t-elle, cachant mal son excitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Se retournant, il a un vague haussement d’épaule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Depuis un bon moment. Elle était épuisée. J’ignore d’où elle vient, mais c’est sans doute loin d’ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Est-ce qu’elle t’a expliqué qui elle était ? Ce qu’elle faisait sur la colline ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Moins fort, intime-t-il en retour. Tu vas la réveiller.&lt;br /&gt;             &lt;br /&gt;                Ce à quoi il ajoute, du bout des lèvres :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle n’a même pas ouvert la bouche. Elle s’est effondrée comme une masse dès qu’elle s’est assise dans le canapé. Je l’ai tout de suite couchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Dans ton lit, j’imagine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;              &lt;br /&gt;                          Allons bon ! !, se renfrogne le maître des lieux. De l’humour, à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                          Ou du moins, une piètre tentative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                             Cette Voix…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pourquoi n’apprenait-elle pas à tenir sa langue, au lieu d’ironiser à tort et à travers ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est une môme de dix ans, grommelle-t-il, dépité. Et quand bien même, en aurait-elle dix huit de plus que ça n’y changerait rien, tu le sais aussi bien que moi. Alors, fais-moi grâce de tes insinuations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Si tu insistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Faussement dubitatif, l’Autre se fait plus sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle lui ressemble, tu ne trouves pas ? A Eléanore, je veux dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aussitôt, il tressaille. Des pans de rêve refont surface : des tours, de la brume, des miroirs… Une petite fille. La voix d’Eléanore qui répétait sans cesse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viens me rejoindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Troublé, il fait un faux mouvement, trébuche, se rattrape au coin de la table et se rétablit de justesse. Un rêve, un simple rêve… Et pourtant, si réel. Le hasard ? !  Il y réfléchit longuement, avant de conclure :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu as raison, elle lui ressemble. Encore que… Pas tant que ça, en fait. Elle me rappelle quelqu’un, c’est évident, mais impossible de savoir qui. Quoi qu’il en soit, effectivement, elle a un petit air d’Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pardon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle a ses yeux. Ils sont du même bleu, de la même clarté. Ils capturent littéralement le regard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sans s’en rendre compte, Philip se crispe. C’est un sujet qu’il n’aime pas évoquer - un sujet qui lui est pénible -, cependant ces paroles l’intriguent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Et comment connais-tu la couleur de ses yeux ? ! Je croyais qu’elle t’apparaissait comme une ombre indéfinissable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Exact. A un centième de seconde près. Tandis qu’elle sortait du champ d’un capteur externe, le brouillage s’est atténué. J’ai pu apercevoir ses yeux et immédiatement,  j’ai pensé…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         C’est bon. Laisse tomber les comparaisons, d’accord ? Je ne suis pas d’humeur à parler d’Elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Voulant éviter toute protestation, il passe à autre chose :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         A propos du système de surveillance, tu as trouvé l’origine du problème ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pas tout à fait. J’ai beau revérifier régulièrement tous les programmes, je ne relève rien d’anormal. Sans doute un dysfonctionnement dû à l’usure des circuits annexes, ou une gestion trop erratique des connexions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         A moins que nous ayons vraiment affaire à un fantôme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                La remarque lui a échappé. Après coup, se remémorant son rêve, il se met à trembler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Non, sois sans craintes. Le problème vient des canaux vidéo. Toi-même, tu n’apparais pas toujours distinctement sur mes infoscreens. Pour être franc, j’ai de plus en plus de mal à discerner tes contours comme je le devrais. Il n’y a que le décor qui n’est pas affecté par cette anomalie. Sans doute un défaut de focus. Ne te ronge pas les sangs pour ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je m’en remets à ton jugement. C’est toi le spécialiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Laissant planer la phrase, il se tait une minute, le temps de faire le point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un être humain. Après toutes ces années, à des milliers de kilomètres de sa planète natale. Un enfant, qui plus est. Une petite fille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                      Cela ne tenait pas debout.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-7297415116608478315?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/7297415116608478315/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=7297415116608478315' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7297415116608478315'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7297415116608478315'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/11/mouvement-01-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 8'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-1536487839068795703</id><published>2008-10-19T09:30:00.000-07:00</published><updated>2008-10-19T09:32:24.094-07:00</updated><title type='text'>Stand By - Stand By - Stand By - Stand By</title><content type='html'>Devant l'indifférence quasi-générale qui a salué l'ouverture de ce "blog", il me semble judicieux d'interrompre plus ou moins momentanément une prépublication  sans doute trop précipitée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Restez connectés malgré tout. Nous allons faire suivre votre appel (ou pas).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite un de ces jours (ou toujours pas !).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-1536487839068795703?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/1536487839068795703/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=1536487839068795703' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1536487839068795703'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1536487839068795703'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/10/stand-by-stand-by-stand-by-stand-by.html' title='Stand By - Stand By - Stand By - Stand By'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2388364661996814729</id><published>2008-10-12T05:39:00.000-07:00</published><updated>2008-10-12T05:42:25.218-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 7</title><content type='html'>Etincelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crépitement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brusquement, la courbe d’horizon s’embrase, soulignant les contrastes, inventant de nouveaux reliefs, parant le monde de teintes incandescentes entre le pourpre et le grenat. On a - non sans raisons - souvent loué l’exubérance des crépuscules terrestres, évoquant tour-à-tour une délicate irridescence, un ciel multiple, ressuscité, qu’éclairait une touche d’ineffable, magnifié par d’insaisissables palais de marbre flottant à la dérive et des troupeaux de songes aux formes inoubliables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’était pas exagéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, le coucher de soleil lunaire est autrement plus enchanteur, autrement plus majestueux : en plus de recréer l’univers à sa guise, il lui donne un visage serein, subtil, moins tourmenté... Noyé d’ambre, d’améthyste, rien n’est plus pareil, tout rayonne, tout scintille de mille feux dans les mailles d’une lumière à l’agonie. Un moment rare, précieux, surnaturel, reflet d’existences ne l’étant pas moins. Un coup d’œil fugitif sur une ébauche de perfection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement voilà : un geste, et tout a disparu. En une seconde : plus de feux d’artifice, plus de dorures, d’enluminures célestes, plus de fastes ou de raffinements... Peu à peu, tout s’endort, mais tout n’est pas fini. Ravissement après ravissement, le monde se drape de voiles comme il l’était d’éclat plusieurs minutes auparavant. Il reste ici, luisant au cœur de ces demi-ténèbres, tiré d’un trait phosphorescent, couvé par une nuit d’un bleu voluptueux, un bleu qui berce, émeut et réjouit : la tendresse d’un baiser, les bras d’une mère, la chaleur d’une étreinte… Plus d’angoisses, plus de craintes. Rien que le ciel, ciel d’eau profonde, écrin de joyaux vagabonds que l’on distingue à peine, passés au chas de l’infini. Pour un peu, ils manquent presque à la splendeur de ce tableau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, le ciel nocturne n’est pas un firmament mais un miroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, éclipsant tout le reste, la Terre retrouve son trône. Si belle, dans sa robe d’apparat, si merveilleusement belle… L’aura émeraude dont elle est ceinte fait oublier le froid ambiant, tant il est d’une pureté royale : divine, entière, empreinte de modestie. Une pureté de légende, de Dryade, de Déesse, de Tragédie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la Lune, les nuits sont plus qu’une alternance d’ombres et de lumière, ce sont des poésies dont les rimes se répètent souvent, mais sont toujours nouvelles, des vers chargés de sens, de sacré, d’élégance, écrits et réécrits jusqu’au petit matin où ils perdent toute inspiration, jusqu’à la prochaine nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exceptionnellement, ce soir-là, quelques chandelles brillent au carreau d’une petite maison blanche, laquelle apparaît moins tangible, moins authentique qu’auparavant : phare d’un crépuscule sans limites où s’effacent les frontières de l’espace et du temps, image en négatif d’une époque révolue, d’un monde imaginaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assis à la fenêtre de sa salle à manger, un étrange jeune homme scrute les cieux, le spectacle qu’ils lui offrent, qu’il aime par-dessus tout mais qu’il ne sait plus apprécier à sa juste valeur. Fixant la Terre, il cherche sur son écorce quelque chose de précis, tend la main dans sa direction, laisse ses doigts s’évanouir aux franges de son halo avant de fermer les yeux, abattu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne sera plus pareil, désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans que rien ne l’annonce, un événement imprévisible avait fini par se produire, bouleversant au passage ce qu’il avait de certitudes. Aussi, peut-être…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être que ce soir-là, tout ne faisait que commencer ?!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2388364661996814729?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2388364661996814729/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2388364661996814729' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2388364661996814729'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2388364661996814729'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/10/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_12.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 7'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-1906554721231560077</id><published>2008-10-04T10:07:00.001-07:00</published><updated>2008-10-04T10:08:51.365-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 5</title><content type='html'>Concentré sur les touches du cadran auquel il fait face, il lui faut un moment pour comprendre ce qui est en train de lui arriver. Il a clairement entendu retentir le petit carillon, ses notes dures, agressives, mais dans un premier temps, il ne réalise pas. Il faut quelques minutes pour que la perspective s’impose à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;             Quelqu’un à la porte d’entrée ? ! Impossible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ses jambes flageolent. Rien de grave : une absence, quoi d’autre ? Sa tête tourne, ses oreilles bourdonnent : cédant à la colère, il s’est relevé trop vite, pourquoi chercher plus loin ? Ramenant son attention vers le moniteur, il saisit la dernière série de chiffre avant de se…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                        Nouvelle sonnerie : plus insistante, moins timide que la précédente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                        Suivie d’un silence écrasant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aux alentours, ne subsiste que le bourdonnement de l’équipement audio pour emplir l’univers dont les couleurs fanent à vue d’œil, ne laissant derrière elles que du noir et du gris pour esquisser les choses. Un nuage, sans doute. Le froid s’insinue dans la pièce, s’engouffre dans les parois, transperce ses muscles, ses os, sa chair, lui arrache une grimace. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Ça y est, s’afflige-t-il malgré lui, il a raison, je perds l’esprit. A force de rester enfermé, je m’imagine des choses. Comme si quelqu’un pouvait débarquer sur la Lune, sourire aux lèvres, et lancer un jovial : « salut, je viens d’emménager dans la région. J’ai survécu à un holocauste nucléaire, construit mon propre vaisseau spatial, pris une décennie sabbatique, erré de-ci de-là pendant plusieurs années avant de me résoudre à poser mes valises ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Ce n’était pas seulement absurde, c’était parfaitement ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Parvenant de justesse à s’en convaincre, il se reprend et s’efforce de penser à autre chose. Se remettre au travail serait un excellent moyen de revenir à la réalité : il a de nombreux paramètres à initialiser et cette tâche terre-à-terre l’aiderait certainement à se ressaisir. Sa décision est prise : il annule le code qu’il vient de taper, ferme le panneau d’accès puis s’éloigne, angoissé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                       Troisième sonnerie : violente, désespérée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Comme si ça ne suffisait pas, le mur décide de s’en mêler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         On a sonné, je te signale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Aussitôt, les couleurs reviennent, la pièce cesse de tanguer, retrouvant ses proportions d’origine. Murmure de soulagement : ainsi donc, il n’est pas le seul à l’avoir entendu ! ? Voilà qui le rassure : au moins, il n’est pas fou, c’est le monde qui a perdu les pédales. On a sonné… La belle affaire ! Instantanément, il rétorque :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Trois fois, ajoute la Voix. Tu n’ouvres pas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Dois-je en déduire que c’est un de tes mauvais tours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Froncement de sourcils suspicieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Parce que tu voudrais me faire croire qu’il y a quelqu’un en vie, à ma porte, après toutes ces années ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu crois ce que tu veux. En ce qui me concerne, je suis aussi surpris que toi. Ceci étant, il y a un moyen simple d’y voir plus clair, si tu as une seconde. Je n’ai qu’à me brancher sur le système de surveillance externe pour… Ah, ça y est ! ! Bingo, il y a quelqu’un ! Pas exactement à ta porte mais devant le portail, en fait. Toutefois…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A bout de nerf, l’autre fait la moue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Toutefois quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Cela fait des mois que je voulais t’en parler mais au bout du compte, ça m’est sorti de l’esprit. A force de rester en stand-by, les capteurs visuels ne fonctionnent plus qu’au tiers de leurs capacités : les relevés concordent, cependant il m’est impossible d’obtenir la moindre image de notre visiteur. Je ne distingue que les haies, les dalles de l’allée et la clôture de bois. Au-delà, tout est flou, imprécis : une silhouette s’y devine, mais je suis incapable de dire à qui ou à quoi celle-ci peut appartenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         « A qui ou à quoi » ? ! Décidément, tu m’étonneras toujours. Quel sens du théâtral ! Alors comme ça, les fantômes s’invitent à notre table ? Charmant ! Cette silhouette… Est-ce qu’elle bouge ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Elle attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Près d’une minute s’écoule avant que la maison n’ait l’audace de lui suggérer, avec une politesse forcée :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Peut-être que tu devrais aller ouvrir ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bien sûr, il le devrait, sauf que… De toute évidence, il hésite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un événement inattendu venait de se produire. La boucle fermée où il était emprisonné avait été rompue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, cela ne se pouvait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Un quatrième coup de sonnette l’oblige à réagir. A grands pas, il se dirige vers la porte, saisit la poignée de métal, l’actionne, descend les marches de l’escalier, s’aventure dans la cour, plisse les yeux à cause du soleil…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il y a effectivement quelqu’un au-delà du portail. Qui plus est : quelqu’un de réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                   Plus réel que la colline où il se trouvait, peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                           Une silhouette qui n’a rien de flou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-           Bonjour, s’étrangle-t-il à moitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A quoi une voix fluette répond :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Bonjour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Bouleversé, il chancelle. De l’autre côté de la barrière, un regard fixe, indéchiffrable : vêtue d’une vieille robe démodée, une petite fille le dévisage avec un mélange de curiosité et d’incompréhension qui lui chavire le cœur. Muet, il fait pivoter le loquet, lui ouvre… Cligne des paupières, comme si ce simple mouvement réflexe pouvait la faire s’évanouir. Cela n’arrive jamais. Elle reste là, immobile, sans ciller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Entre,  marmonne-t-il d’une voix éteinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Un mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                       Rien qu’un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;       Le seul qu’il prononcera avant un long moment.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-1906554721231560077?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/1906554721231560077/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=1906554721231560077' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1906554721231560077'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1906554721231560077'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/10/mouvement-01-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 5'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-7168608621101274564</id><published>2008-09-28T09:40:00.000-07:00</published><updated>2008-09-28T09:42:25.556-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 4</title><content type='html'>Le lac des cygnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Premières mesures. La musique flotte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         J’en ai assez, d’entendre toujours les mêmes accords.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un bref instant, la Voix emplit la pièce : métallique, grésillante, elle semble surgir directement des murs mais Dawson n’en fait pas grand cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                        Allons bon ! Encore elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                          La Voix de la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                   Toujours aussi mal lunée, qui plus est. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Détail troublant, elle ressemble à la sienne, en moins posée, moins mécanique, avec un phrasé plus franc, plus marqué. Un timbre, un soupçon d’émotion qui la rendent plus vivante. Au-delà : plus réelle... Mais après tout, peut-être qu’elle n’existe qu’au fond de son crâne, et qu’il se contente de l’imaginer ? Serait-ce si surprenant, dans sa situation ? ! Comment s’assurer qu’elle n’est pas qu’une illusion, sans personne à ses côtés pour le confirmer ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Avec le nombre de pistes auxquelles tu peux avoir accès, renchérit ladite Voix, il est navrant de constater que tu en reviens toujours aux mêmes titres. Navrant et pénible, à la longue. Franchement, tu ne te lasses jamais ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tais-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Le ton est sec, laconique, encombrée par la platitude d’un ordre répété un millier de fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je fais ce que je veux, pour ta gouverne, reprend-il sombrement, et ce que je veux aujourd’hui, c’est profiter de ce passage sans être interrompu, si c’est possible. D’autant que tes états d’âme n’intéressent que toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Vraiment ? ! Alors, je me demande pourquoi tu m’as laissé libre accès au canal audio.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Avant que quiconque puisse répondre, l’importun s’empresse d’enchaîner :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Quoique. En y réfléchissant, je crois que j’ai ma petite idée là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Soupir blasé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Eh bien, soit. Eclaire ma lanterne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Ah, Ah ! Ce serait trop facile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Allez, puisque j’insiste, ne me fais pas languir : je suis curieux de savoir quelle bêtise tu es allé te mettre en tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Reconnais-le, tu as besoin d’une tierce personne pour habiller ta solitude, te donner la réplique… Même si cette « personne »-là, c’est moi. Cet isolement forcé, cet emprisonnement volontaire, ce doit être terriblement éprouvant, quand on y songe.  Ces longues, si longues années d’exil... Aucun humain ne peut supporter ça. C’est là que j’interviens. Que tu l’acceptes ou non, je suis le garde-fou, la barrière qui t’empêche de basculer dans le gouffre insondable de la schizophrénie. Si tu n’as pas perdu l’esprit - si tant est que ce soit effectivement le cas -, c’est à nos discussions que tu le dois : sans elles, tu parlerais aux murs et tu finirais par te prendre pour ce que tu n’es pas. Par conséquent, j’estime que c’est une raison suffisante pour t’interrompre quand je le souhaite, même si ce n’est pas à ton goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tes remarques sur ce que j’écoute ne sont pas pertinentes. Que tu parles ou que tu te taises, cela ne fait pas une grande différence. Encore que si tu te taisais, je ne serais pas obligé de te faire la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il y a un bref silence, avant que la Voix rejaillisse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Ce serait merveilleux, n’est-ce pas ? ! Tu n’aurais qu’à claquer des doigts pour solliciter mon avis et me débrancher le reste du temps. L’idéal, pour toi, je me trompe ? ! Désolé, les gens sont ainsi : ils parlent quand ils le veulent et n’attendent que rarement la permission d’autrui pour faire part de leurs opinions. Ce sont eux qui décident si leur intervention est opportune ou pas. On ne les contrôle pas, ils ne disent pas toujours ce qu’on voudrait entendre. Parfois, ils ont des opinions contraires aux nôtres et ils les font valoir. Ça peut frustrer quelqu’un comme toi, néanmoins c’est ce qui fait d’eux des êtres uniques, indépendants, non de simples arc-réflexes programmés pour te plaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Dans la tempête, son interlocuteur ne se départ pas de son flegme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Je sais bien ce que sont les gens, merci. Je n’ai pas oublié. Il fut un temps où je les côtoyais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tiens donc ? ! Tu en es sûr ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pitié. Tu n’es ni une personne, ni un individu, alors, épargne-moi ce ton sentencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         « Ni une personne, ni un individu » ? ! Ça, c’est ce que tu dis ; ce dont tu es persuadé, sans doute. Le fait que je sache t’interrompre prouve combien tu te trompes… Quelle ironie ! Chacun de nous semble désirer ce qui accable tant l’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu m’excuseras, mais ce que je désire n’a rien à voir avec une voix désincarnée tombant d’un haut-parleur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Parce que tu penses que j’aspire à une jeunesse désœuvrée, vautré dans un fauteuil de cuir, à écouter du Tchaïkovski en boucle ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Tu commences à me fatiguer. Je vais bloquer la connexion et ce sera réglé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Pour toi. Comme toujours, ce sera réglé pour toi. Moi, je devrai subir tous tes caprices, et supporter ta musique jusqu’à écœurement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-                         Si c’est comme ça que tu le prends…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                D’une démarche résolue, Philip s’approche du terminal fixé dans la cloison et entre son code confidentiel. La mesure qu’il s’apprête à prendre est peut-être excessive mais il n’a pas le choix, il ne peut pas tolérer une telle insolence. L’autre avait une fâcheuse tendance à oublier qui commandait. Par extension : à oublier qui était libre, et qui ne l’était pas. Il ne l’avait que trop défié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Pourtant, avant de valider, il s’arrête. Brutalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                              C’est à cet instant qu’on sonne à la porte.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-7168608621101274564?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/7168608621101274564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=7168608621101274564' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7168608621101274564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7168608621101274564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/09/mouvement-01-au-pays-des-merveilles_28.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 4'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-5507946595479407623</id><published>2008-09-20T02:08:00.000-07:00</published><updated>2008-09-20T02:11:29.608-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - De la Terre à la Lune - Segment 3</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;Un peu plus bas, une ombre marche le long du chemin, buttant sur chaque rocher, chaque défaut de terrain. Elle vacille, flanche, titube… Ses pieds traînent, raclent le sol, mais ils ne renoncent pas, aussi poursuit-elle sa route malgré la fatigue, redoublant de courage, sans jamais s’effondrer ou même s’autoriser de pause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà, déjà, elle peut apercevoir quelque chose au lointain : quelque chose d’insolite, de familier. Quelque chose qui, dans le soleil, ressemble à une maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite maison blanche, perchée au sommet d’une colline.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-5507946595479407623?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/5507946595479407623/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=5507946595479407623' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5507946595479407623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5507946595479407623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/09/mouvement-01-de-la-terre-la-lune.html' title='Mouvement 01 - De la Terre à la Lune - Segment 3'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2484456279725849995</id><published>2008-09-13T03:29:00.000-07:00</published><updated>2008-09-13T03:31:10.377-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 2</title><content type='html'>Assis dans son canapé, le jeune homme laisse vaquer ses pensées au gré de ses humeurs. La tête renversée en arrière, il goûte la mélodie qui a envahi le salon : dans son exil forcé, c’est la seule compagnie qu’il apprécie vraiment. La musique, les livres… Plusieurs milliers de titres stockés en numérique, puisés dans la plupart des grands genres reconnus : tout ce que l’opinion publique avait jugé digne d’intérêt, répertorié, catalogué, classé, archivé, commenté. Parfois, le choix est judicieux. Souvent, il est catastrophique. A force de déceptions, il s’est fait une raison : très rapidement, il a élu ses morceaux préférés, quelques standards symphoniques, rock ou blues antérieurs aux débuts du XXIème siècle, dont il ne s’écarte que rarement. Ses favoris lui permettent de tromper l’ennui, même s’ils ne masquent qu’à peine la langueur qui coule dans ses veines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La musique, les livres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce qui lui permet de tenir. De diluer les ombres, jour après jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A fuir ce qu’il doit fuir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ce qui lui semble des siècles, il y a une chanson qui l’obsède, un vieux thème nostalgique intitulé « What a Wonderful World », qu’il trouve plus fascinant à chaque nouvelle écoute tant il peint à merveille l’atmosphère de ce quotidien déroutant, malléable, où il ne peut qu’attendre. Attendre. Attendre de trouver, de savoir. Savoir s’il n’a pas tort : de vivre, de croire, d’attendre encore. Combien de jours ? Combien d’années ? Il n’en est pas très sûr ; et pourquoi s’en soucierait-il ? Il n’y a que le défilé des saisons, l’éclosion des premiers bourgeons, les fruits sucrés, la chute des feuilles pour lui rappeler à quel point les choses sont éphémères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est peu, quand on y réfléchit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trop peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, il se surprend à regretter d’être aussi isolé, si accablé, à l’intérieur, toutefois… A-t-il le choix ? Enfants, soldats, femmes ou vieillards, la guerre les a tous emportés, sans distinction. Elle n’a rien laissé derrière elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les mois qui avaient suivi, il s’était longuement demandé s’il devait retourner chez lui, se mettre à la recherche d’éventuels survivants, les aider à se regrouper, leur prêter assistance ; cependant il s’était vite résigné : la race humaine était allée trop loin. Elle pouvait peut-être échapper aux bombes, aux tirs des satellites, aux radiations résiduelles mais qu’aurait-elle pu faire face aux innombrables virus de combat, sans parler des répercutions de l’hiver nucléaire ? ! Longtemps, la couche de poussière soulevée avait noirci le ciel, lui donnant de l’espace l’apparence d’une bulle prête à éclater. Il n’y avait plus rien, sur la Terre : plus personne, plus d’espoirs et lui, il était condamné à rester seul, ici, avec ses doutes, ses regrets, ses cauchemars, sa musique et ses livres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi passent ses journées, divisées entre réflexions dérisoires, notes en sourdine et lassitude feutrée, comme si tout était terminé, pour lui, pour eux, pour l’univers entier : comme s’il revivait le même jour, la même nuit, inlassablement, muré dans son bureau à l’entrée du sous-sol, travaillant sans relâche sans jamais approcher du but qu’il veut atteindre. Les années lui échappent mais il n’y prend pas garde. L’éternité s’est refermée sur lui. Tout se répète toujours. L’Histoire - son histoire - n’a pas de fin : elle n’en aura jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est écrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque l’exil lui pèse, il essaie de fermer les yeux, de se reposer ne serait-ce qu’une heure, malheureusement… Pour peu qu’il y parvienne, ce sont à nouveau les mêmes rêves dévorés de remords, les mêmes cris, les mêmes râles, le même visage. Refusant de se refermer, ses plaies réveillent les vieilles douleurs. Il est seul, désormais ; il lui faut s’y résoudre. Se résoudre à attendre. A rêver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A apprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2484456279725849995?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2484456279725849995/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2484456279725849995' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2484456279725849995'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2484456279725849995'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/09/mouvement-1-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 2'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-4584528816255046042</id><published>2008-09-06T03:00:00.000-07:00</published><updated>2008-09-06T03:02:23.319-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 1</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;                A première vue, la route n’est pas très large, mais bien entretenue. C’est un petit chemin de terre, bordé d’un liseré de métal, qui longe les champs en germes sur des dizaines de kilomètres sans que rien ne vienne jamais en troubler la quiétude. Les bruits, les rires, les cavalcades, ce qu’on appelle la vie, tout est fini depuis longtemps, à moins que rien n’ait jamais commencé. Qui, aujourd’hui, pourrait le dire ? Insensible à ces considérations, la route s’étend, droit devant elle, informe, plane, sans relief ni virages d’aucune sorte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers quelle destination ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En a-t-elle une, seulement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Une grande cité, encore ? Une de ces villes qui gisent un peu partout, laissées à la végétation ? Sans doute. De toute façon, là d’où elle vient, là où elle va, cela n’a plus le moindre sens puisque personne ne l’empruntera plus, à l’avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tant est que quelqu’un l’aie déjà empruntée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                        &lt;br /&gt;                Dans la plaine frissonnante, c’est la fin de l’hiver : l’air est pur, frais, plein de vigueur, l’atmosphère est tranquille, baignée d’immensité. Aux environs, pas de mouvements, si ce n’est d’infimes dos de vagues roulant sur une herbe précoce, agitant à chaque souffle les touches de ce tableau sans âme dont le cadre aurait disparu, fondu à une réalité qu’il remplaçait avec conscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Coïncidence ? Si l’on suit la route pendant quelques heures, on arrive au pied d’une colline plantée au milieu de nulle part : un petit promontoire rocheux au sommet duquel trône une maison de plain-pied, jolie, spacieuse, l’idée qu’on se ferait d’une maison de campagne, agréable, fonctionnelle, architecturalement harmonieuse... Ses murs recouverts de crépi, son toit de tuiles rectangulaires, sa cheminée de briques, sa charpente apparente : tout concourt à lui conférer des allures de mirage. Autre élément frappant : le nombre important de fenêtres. Lorsque le soleil monte, que s’effacent les nuages, les pièces à l’intérieur doivent être d’une grande clarté, pleine d’agréments en demi-teinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Accolés au flanc sud : une véranda, un potager, un garage de tôle ondulée avec, dix mètres plus loin, un chêne plusieurs fois centenaire dont les branches jouent avec la brise, quelle que soit la saison. En grimpant jusqu’au faîte - ce qui, avec de l’habitude, doit être un jeu d’enfant -, on s’ouvre mille et une perspectives sur la vallée en contrebas. Maïs, blé, tournesols : des champs, des champs, un horizon de champs avec, toujours, la route qui se prolonge là-bas, disparaissant dans quelque insoupçonnable ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une véritable invitation aux joies de l’aventure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                De son côté, le potager s’achève en pelouse synthétique, qu’entoure une clôture aux montants de bois dont la présence quasi-martiale protège le terrain des curieux. Pour y entrer, il faut passer un lourd portail à deux battants, emprunter une allée de pierres... Là, c’est le porche. Plus que quelques marches à gravir : on se retrouve sur le pas de la porte, face à la vitre du hall. Teintée, comme il se doit. Perdue au cœur d’un songe.&lt;br /&gt;                        &lt;br /&gt;                L’endroit paraît n’avoir aucune réalité : tout est si beau, si soigné, si parfait… La maison, la colline, les champs en friche. La route vide, infinie. Un décor construit de toutes pièces, griffonné à la hâte sur la toile d’un théâtre antique. Tout a l’air si ancien, si archaïque. A quelques détails près, la maison rappelle un standard européen de la seconde moitié du vingtième siècle, désuet, aseptisé, réduit à quelques traits saillants, grossiers, à une imitation adroite mais sans saveur, un simulacre de retour en arrière, un assemblage de lieux communs et d’idées préconçues, comme si quelqu’un jouait ici à donner corps à ses mensonges. Tout est faux, tout est creux : se dégage de l’ensemble une sensation de décalage, d’anachronisme. Ainsi, bien que le pavillon semble appeler le voyageur à une halte bienvenue, nul ne s’y risque jamais, pourtant : nul ne fait jamais grincer les gonds du portail, nul ne traverse jamais sa cour. Quant à faire tinter son carillon électrique... Dans la cuisine, parfois, un réveil sonne que nul ne se donne la peine d’arrêter. Il sonne, sonne encore, puis se tait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                L’après-midi commence et s’annonce agréable, comme à l’accoutumée : la porte-fenêtre est entrouverte, un léger courant d’air fait claquer les rideaux. Sous le chêne gigantesque, vêtu d’un des costumes noirs qu’il affectionne tant, Philip Dawson rêve au hasard en contemplant l’azur.&lt;br /&gt;                &lt;br /&gt;                Quel dommage, déplore-t-il, d’être seul à pouvoir profiter de tels instants. Aussi respectueusement que possible, il se tient en retrait tandis que le soleil fait des rais flamboyants à travers la ramure de l’arbre. Le spectacle est simple, indicible, sans cesse réinventé. Ceux qui, jadis, s’étaient lancés en quête d’un hypothétique paradis étaient passés devant lui sans le voir : un chêne, de la lumière, un peu de vent… La vérité profonde de l’univers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                D’un geste soigneusement calculé, il ramène ses mèches en arrière, inspire profondément. Le Paradis. L’absence, le manque, la solitude. Personne pour partager le monde, personne pour vivre auprès de lui. Pas de fin, de raison, rien que le poids de ses responsabilités, le poison des regrets, le déchirement… Car s’il désire l’oubli, il veut, il doit se souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                      Aussi laisse-t-il retomber ses paupières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                      Prêt à sentir les doigts de la lumière lui caresser la peau.&lt;br /&gt;                     &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                C’est étrange, conclut-il. Etrange comme le monde peut changer, quand on prend du recul. Il suffit de fermer les yeux ne serait-ce qu’une seconde et tout est différent, tout s’est désassemblé, réassemblé sans qu’on en ait conscience. Le Paradis… Ils ont cru le trouver dans une autre existence, plus juste et plus sensée, cependant il n’y a pas d’au-delà, il n’y en a jamais eu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Parfois, ils l’ont cherché de leur vivant, seulement ils ne se trompaient pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                              Il n’y avait pas de paradis sur Terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur ce, il se détourne, quitte le nid de branchages pour retrouver les cieux, fait craquer ses phalanges, s’avance vers la maison et disparaît à l’intérieur. Dehors, tout s’est figé, plus rien ne bouge, la brise ne chuchote plus, le grand chêne se rendort. Plus haut monte une belle bille de couleur bleue, toute cerclée de nuages. Imposante et sublime. Une planète magnifique, limpide, nacrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là-haut, tout, tout là-haut,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Terre s’élève au cœur du ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-4584528816255046042?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/4584528816255046042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=4584528816255046042' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4584528816255046042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4584528816255046042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/09/mouvement-01-au-pays-des-merveilles.html' title='Mouvement 01 - Au Pays des Merveilles - Segment 1'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-1170299367411655255</id><published>2008-08-31T07:58:00.001-07:00</published><updated>2008-08-31T08:00:00.668-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 6 (Final)</title><content type='html'>Insensible à tant de prestance, l’aube reprend son chemin et, sans plus de cérémonie, va s’égarer ailleurs. Bientôt, ses doigts se heurtent à la lisière d’une forêt surprenante, jeune, immature, dont les demi-ténèbres résonnent de crissements, de feulements, d’un constant brouhaha de poursuites et de branches cassées. Plus d’un trésor sont dissimulés sous ses feuilles, sur lesquels elle veille avec attention. Ainsi, par-delà son rideau champêtre, entre les troncs rugueux et les guirlandes d’épines : un hameau au charme éthéré, quelques poutres, quelques murs, quelques tas de pierre effondrés au milieu d’une clairière, et malgré tout, celui qui s’y attarderait pourrait sans peine partager son secret car à n’en pas douter, le village est un autre monde. Tel bosquet de fougères s’est accaparé l’ossature d’un antique véhicule, tel entrelacs de ronces est venu transformer un portail de transport en sculpture végétale... Quelque part sur la droite : des rangées de chaumières où le roc prédomine, d’étroits sentiers au tracé indistinct. Plus loin : un clocher recouvert de mousse. Tous ces objets, tous ces fragments d’objets ont retrouvé une fonction d’importance : complices involontaires, ils aident la forêt à renaître, à reconquérir les terres de sa gloire d’antan. Des gens y sont morts, cela ne fait aucun doute. Des gens y sont morts, puis on les a oubliés. Cependant, l’endroit n’en est pas moins animé, pas moins vivant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, un petit chat s’apprête à franchir la clôture dressée sur son passage. Là, deux enfants se lancent un ballon gonflable, s’esclaffant à chaque passe manquée. Au pied de la maison voisine, un homme entre deux âges somnole dans un hamac de sa fabrication, tandis qu’une femme s’avance pour le rejoindre, coiffée d’un large chapeau de paille. Assis sur un banc vermoulu, deux amoureux discutent avec une tendresse de première rencontre, et l’employé des Postes qui les toise d’un regard envieux fait mine de ne pas s’en préoccuper. Un peu plus bas, sur sa route, il croisera une mère de famille, promenant un landau, une petite fille en pleurs cramponnée aux pans de sa jupe. Aux alentour, tout est serein ; et cette sérénité a un goût de mystère. En dépit de l’agitation qui règne, nulle voix, nul bruissement ne se fait entendre. La vie n’a pas cessé, ici, et néanmoins…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais le petit chat ne franchit la clôture : toujours, il se tient à l’affût, cambré, prêt à bondir, mais il ne bondit pas, il ne peut pas bondir et de toute façon, cette clôture n’existe plus depuis des décennies, peut-être des siècles entiers. Les deux enfants restent immobiles, poings levés, bouche ouverte, à guetter un ballon qui ne retombera plus. Rien ne semble pouvoir perturber l’homme au hamac : peut-être dort-il profondément ? ! Quant à la jeune femme au chapeau… Elle fixe un point précis du ciel, comme si elle saisissait un reflet singulier au vert de ses iris. Toutefois elle ne se détourne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne peut se détourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ne sont plus qu’ombres, désormais : ombres sans matière, délaissées, solitaires. Figées, elles aussi, sur des morceaux de briques envahis de broussailles, submergées une à une par un océan de verdure fait d’écume et de houle, condamnées à hanter sans fin ces lieux imputrescibles, piégées au cœur d’un sanctuaire d’arbres et de vent, ne s’estompant parfois que parce que la nature leur édifie un caveau en plein air. En leur mémoire, les plantes s’étirent, poussent et grandissent. En leur mémoire, des bouquets de fleurs blanches s’épanouissent sur leurs tombes alignées pour en masquer la honte, l’insignifiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- M’aimeras-tu à jamais ?, chuchote l’ombre de l’amant à l’oreille de sa Bien-aimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celle-ci voudrait pouvoir répondre mais les bombes l’ont fait à sa place. Oh oui, elle t’aimera ! Jamais plus sa main ne lâchera la tienne. Vous vous sourirez pour toujours, peints sur les décombres d’une grange dévastée, vos contours maladroits ne s’effaceront jamais, tout comme jamais tu ne pourras la serrer dans tes bras, tout comme jamais tu ne pourras toucher ses lèvres ! C'est là le prix qu'il faut payer un amour éternel, le prix qu’il faut payer pour une couronne d’étoiles…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blafard, le crépuscule recouvre le dôme de ce royaume sans roi qui ronronne d’une frontière à l’autre. D’ici quelques minutes, la Lune va apparaître, drapée de soie légère et d’une traîne de satin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La princesse des soupirs, la perle du firmament. Celle qui pleure pour les morts, pour ceux qui ont souffert. Celle qui, de ses sanglots, apaise et réconforte. Qui fait de sa pâleur un baume miraculeux. Oui, elle viendra, avec la candeur d’une ballerine, la pointe de ses pieds sertis de diamants. Gracieuse, elle s’élèvera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et alors,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sera&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nouvelle fois :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une nouvelle nuit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-1170299367411655255?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/1170299367411655255/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=1170299367411655255' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1170299367411655255'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/1170299367411655255'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/08/mouvement-00-de-la-terre-la-lune_31.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 6 (Final)'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-7168035727896545105</id><published>2008-08-24T02:20:00.000-07:00</published><updated>2008-08-24T02:23:13.948-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 5</title><content type='html'>Un nouveau jour va poindre sur la planète endolorie. Pailletée de rosée, la Terre laisse le soleil naissant effleurer sa surface, lentement, progressivement. L’horizon s’illumine. L’incendie gagne la voûte céleste. La clarté resurgit, superbe, incandescente. Tout à la fois. Violente et sage. Arrogante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                       Souveraine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Avec elle : la vie, les parfums, les couleurs. De nouveaux frémissements, de nouveaux paysages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Avec elle, le matin : pétales, bourgeons, corolles. Robes de primevères et colliers de lilas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Avec elle, un oiseau au pépiement curieux : trop régulier, trop harmonieux, qui s’éteint rapidement dans un air raréfié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                    Pas de nuages, d’orages en arrière-plan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Les rayons se reflètent timidement sur la mer et la mer, impassible, roule ses flots sur une plage où chaque minuscule grain de sable s’improvise pierre précieuse. Tout est calme. Alangui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Tout dort, malgré le jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A quelques kilomètres de là, il y a une grande cité. Une cité merveilleusement belle. Un bijou d’élégance, au seuil duquel le soleil s’arrête un instant avant d’entrer, d’y prendre ses aises, de gagner ses recoins les plus inaccessibles pour les nettoyer des mirages nocturnes, tenter d’en ranimer les fastes, la splendeur d’origine...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                                     Sans grand succès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Obstinément, la cité reste figée dans un mutisme dont rien ne saurait la tirer, et ce recueillement qu’elle affecte la pare de dignité. Ses bâtiments se dressent toujours avec la même fierté, ses routes s’enlacent en sinueux rubans, ses boulevards se prolongent en ruelles désertiques, cependant le verre des tours a fondu, les ronds-points restent à l’abandon, aucun glisseur n’en emprunte plus les rails… Au fil des mois, leurs pistes se sont craquelées, fendues et, oui, un peu d’herbe a poussé au creux de leurs rainures : une herbe sèche, courte, malade, dont la teinte ocre jure avec l’excessive blancheur des lieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais après tout, qu’elle jure ! Qui cela dérange-t-il ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                 Personne n’arpente plus ces trottoirs usés sinon, parfois, l’ombre de quelque animal perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;            Avec le temps, la Nature retrouve son domaine : les plantes grimpantes colonisent les façades, des buissons rachitiques s’élèvent à chaque intersection, la rouille dévore les lampadaires tandis qu’inexorablement, les environs retrouvent leur authenticité. Les hommes s’en sont allés. L’immense cité n’est plus, elle n’a plus de fonction, de raison d’être. Ses systèmes informatisés, ses bornes de connexion, ses centrales d’éclairage ont fini par suspendre leurs rondes automatiques, comme si elle n’était qu’un jouet cassé, une réplique de fer-blanc, soignée dans ses moindres détails.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une réplique obsolète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Quant à ceux qui étaient censés y vivre… Où avaient-ils bien pu passer, au juste ? ! Nulle part, on ne devine la moindre trace d’exode : pas de carcasses le long des avenues, pas de signes de dégradation, aucun dégât notable, rien qui puisse suggérer un mouvement de panique. Quant à la guerre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                             &lt;em&gt;Quelle guerre ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;                En y regardant de plus près, il ne s’agit pas de vestiges - ou du moins pas vraiment - : la cité gît, sans connaissance, en attente d’un éventuel réveil, fidèle à ce qu’elle était à une époque prestigieuse qu’elle commémore à sa manière. Une Reine, vêtue de ses plus beaux atours, prête à remonter sur son trône, à les accueillir à nouveau. Toujours blanche, lisse et pâle. Grande et belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Comme avant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-7168035727896545105?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/7168035727896545105/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=7168035727896545105' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7168035727896545105'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/7168035727896545105'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/08/mouvement-00-de-la-terre-la-lune_24.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 5'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2240413334446192530</id><published>2008-08-17T10:26:00.000-07:00</published><updated>2008-08-17T10:27:32.979-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 4</title><content type='html'>Un flash.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Brutalement, le silence triomphe et me force à ouvrir les yeux. Le décor a changé, les gens se sont enfuis, ne laissant que la ville pour remplir le vide de la scène… Une nouvelle ville, moins vaste, moins labyrinthique que la précédente, mais pas plus humaine pour autant, coupée en deux par une rivière dont l’eau boueuse charrie des monceaux de débris sans formes. Au fond de moi, une sensation inexplicable : celle d’un même jour, d’un même moment mais d’un lieu différent, où la neige tombe sans bruit, sans heurts, par touches mélancoliques... Quelques accords flânent en coulisse, ceux d’une boite à musique, une ancienne mélodie qui vibre en notes aigües, à la fois sèches et paresseuses. Plus haut, à deux niveaux de là, la voie orange surplombe le fleuve et, sur la voie orange, au bord de la passerelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                En plissant les paupières, je distingue une silhouette : gracile, les poings crispés, debout sur la rambarde… Une silhouette de jeune homme, les cheveux en bataille, le regard tourné vers les nues, les épaules courbées par le poids de la Fatalité, seule âme qui vive encore dans la cité-fantôme. Je ne sais ni ce qu’il fait là, ni qui il est. Pourtant, je sens qu’il n’est pas comme les autres, et il me semble même l’avoir rencontré, un soir, il y a très, très longtemps : un autre endroit ; une autre flamme, dans ses prunelles. Quelque chose, en lui, me rappelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Sur son visage : une expression farouche, sévère, déterminée. L’expression de quelqu’un qui sait exactement ce qu’il doit faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soupir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frisson d’angoisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout se termine dans un battement de cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il retient sa respiration, sourit, fait un pas en avant… Stoïque, bascule vers les abysses, les courants déchaînés. Tombe parmi les flocons - plus bas, plus bas, plus bas -, mais jamais ne passe la frontière liquide. Le chemin s’arrête là. Abruptement.&lt;br /&gt;                                                                                                                     &lt;br /&gt;                Soudain, il n’y a plus de nuages, plus de neige, plus de ciel, plus d’été ni d’hiver, ni d’au-delà où s’évader, d’ailleurs où s’abriter, seulement de la lumière, de la chaleur, intenses, sauvages, insoutenables : un éclat, mille éclats, brusque avènement d’un nouvel univers. Une exclamation horrifiée jaillit de mille gorges à la même seconde et puis...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Plus rien. La musique ne joue plus. Le froid reprend son règne. L’obscurité s’impose, en pelletée de terre sur le bois d’un cercueil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                      Plus un mouvement. Plus un  murmure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me réveille enfin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2240413334446192530?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2240413334446192530/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2240413334446192530' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2240413334446192530'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2240413334446192530'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/08/mouvement-00-de-la-terre-la-lune_17.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 4'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-2701215449595261219</id><published>2008-08-02T12:44:00.000-07:00</published><updated>2008-08-02T12:46:22.034-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 3</title><content type='html'>Papillonnement de cils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Une nouvelle fois, l’univers change. Marées d’étoiles sur un rivage nocturne, les flots de cendres se dispersent au lointain. Le voile de l’éternité se soulève, les planètes rajeunissent, les étoiles mortes renaissent, ce qui était poussière surgit de la poussière, ce qui n’était que ruines est à nouveau sur pied. Le temps soi-disant immuable s’est mis à couler à l’envers et, avec lui, un royaume inhumé revient à la surface. Tout est à nouveau comme avant, au jour où rien n’avait eu lieu : je n’ai fait que rêver - rêver les yeux ouverts -, et le rêve a pris fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il fait beau, je suis en ville. C’est une chaude matinée d’automne, de ces moments privilégiés où les heures s’alanguissent, où le soleil se plait à imposer sa glorieuse majesté. Anticipant les saisons à venir, l’été baigne l’air de léthargie. L’absence de vent a laissé s’installer la canicule au point que l’atmosphère est devenue pesante, dense, étouffante. Répondant poliment à la lumière par la lumière, les parois des immeubles lancent d’impérieux appels, comme des miroirs de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;                                                                 Où suis-je ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;                Une grande cité : New-York, Boston, qu’importe. Je sais d’avance ce qui va arriver. L’asphalte des trottoirs colle, le bitume fond dans les braises de l’après-midi. Chape de plomb, tout est calme, comme si la planète entière retenait son souffle, son ultime bouffée d’oxygène...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                M’appliquant à ne pas troubler la paix de cet Eden en sursis, je flâne un peu, discret, au hasard des ruelles, avant de dénicher un coin tranquille sous un escalier de service et de m’y asseoir avec nonchalance. Au-dessus de ma tête, les niveaux s’entrelacent, s’étirent en formes étranges, irrégulières… Et, filtrant au travers, je contemple l’azur. Un matin comme tant d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Un ciel si clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               D’une robe unie, limpide, éblouissante, scrutée avec patience, fouillé en quête - pourquoi pas ? ! - d’un éclair fugitif, inhabituel, qui grossirait de minute en minute : une traînée floue, à peine tracée... Un signe, peut-être. Cependant il n’y a rien. Rien que du bleu, quelques nuages. Malgré sa moiteur, l’air a quelque chose de suave, de soyeux. Après tout, c’est un matin comme les autres. Il fait beau, tout est calme. Il ne se passera rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Soudain, sans que rien ne l’annonce, les sirènes retentissent. Je ne sursaute même pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                               Eh bien, eh bien…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                       Décidément, la Mort s’accroche à sa réputation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ni délais, ni retard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est déjà scellé.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;                                                                            &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                En un instant, l’alerte code gris vrille la cité d’un bout à l’autre, réduisant à néant l’harmonie de façade dans laquelle elle s’était complue : d’un même élan, les bâtiments de pierre, de verre et de métal lancent le même gargouillis d’effroi tandis que les gens surgissent par milliers en agitant les bras dans un sursaut de fièvre aussi pathétique qu’inutile. En foules agglutinées, ils courent, hésitent, ne savent pas quelle décision prendre, trépignent un peu puis reviennent sur leurs pas. Masse anonyme, dépersonnalisée, ils s’effondrent, se piétinent, se mettent à sangloter, cernés par le torrent de véhicules noirâtres qui encombre les allées piétonnes, cherchant à s’écouler dans toutes les directions et le plus vite possible. Dans leur empressement, leurs pilotes se barrent la route, s’invectivent, se heurtent de plein fouet, emboutissent les rampes de sécurité… Dorénavant, ils ne savent plus ni où ils vont ni ce qu’ils sont en train de faire. Dorénavant, tout ce qu’ils savent, c’est qu’ils vont disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                La panique. L’impuissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                         La peur gagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Succombant à l’effervescence, ils grimacent, vocifèrent, se tordent dans un mélange de fureur et d’indignation qu’ils ne peuvent contenir. Ils n’échapperont pas à leur sort : il n’y a plus de refuge, ici, là-bas, nulle part. Les portes de leurs domaines se sont refermées derrière eux. Hagards, ils en sont réduits à s’étendre sur le goudron, à se recroqueviller, à essayer de distinguer - sans doute - les reflets d’une lame en croissant de lune, luisant sur l’horizon, à tenter de se résigner… Mais voilà qu’une seconde plus tard, ils se remettent debout, s’élancent, se précipitent : ils ne peuvent rien faire d’autre, ne peuvent se résoudre à abandonner. Même si leur avenir est joué d’avance, ils veulent, ils doivent se débattre jusqu’au bout, aussi se barricadent-ils dans les cathédrales en ruine pour y réclamer le Pardon, l’Absolution, la Grâce, priant comme jamais ils n’ont prié jusqu’ici. Demandant à mourir sans s’en apercevoir, sans souffrir et surtout, surtout, sans regretter. Tout, oui, plutôt que cette appréhension, ce haut-le-cœur : la certitude d’une fin à laquelle nul ne pourra se soustraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout plutôt que l’attente, plutôt que le trépas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-2701215449595261219?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/2701215449595261219/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=2701215449595261219' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2701215449595261219'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/2701215449595261219'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/08/mouvement-00-de-la-terre-la-lune.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 3'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-5235989047685858905</id><published>2008-07-27T03:26:00.000-07:00</published><updated>2008-07-27T03:30:13.571-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 2</title><content type='html'>La brise se lève, je la sens sur ma peau ; elle fredonne un moment un air que je ne retiens pas, puis le temps fatigué paraît se figer dans sa course. Au ralenti, les colonnes de cristal se fissurent et se brisent, s’écrasent au sol dans un bruit de tonnerre, scintillent un bref instant avant de s’effacer. Le brouillard, la lumière refluent vers les ténèbres, et tout s’anéantit. Il n’y a plus rien. Ni temps, ni brise, ni sol. Ne reste que moi, et je ne sais…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;                    Qui suis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                           Je suis&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                             Chut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Il y a des voix. Des voix qui grondent, marmonnent, bourdonnent avec fureur. Des bribes de phrases qui s’emmêlent, s’entrechoquent, forment le canevas de ce qui est censé faire office de décor. Au firmament : ni astres, ni lune, ni traînée de comètes. Pas une seule torche, pour me guider dans cette nuit sans limites. Pas un soupçon d’espoir, et néanmoins, j’ai franchi la frontière. Ce n’est plus qu’un songe, désormais : un songe fait de tumulte, de hurlements, d’injures, de soupirs infamants qui essaient de m’atteindre pour m’emmener, avec eux, loin d’ici, loin de mon propre corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Où ça ? Vers quel rivage ? Quels territoires funestes ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;                Je résiste. Or, plus je résiste, plus l’étau se resserre, plus les voix m’engloutissent. Je ne veux pas, non. Je ne veux pas céder. Je ne veux pas entendre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Comment rétablir l’équilibre ? Comment revenir en arrière ? Cette fois, nous sommes allés trop loin. Cette voie est notre voie. Il nous faudra la suivre jusqu'à son achèvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Quel prix devra-t-on payer cette folie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Je ne veux pas mourir, mon Dieu, je ne veux pas mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Mourir, c’est comme… Glisser dans le courant, entre deux eaux, deux univers. Doucement, s’abandonner à un nouvel ailleurs. Libéré des angoisses, du chagrin, de la solitude, enfin, trouver cette paix que nous avons cherchée des décennies durant. Le calme. La plénitude. Dormir, sachant que le sommeil ne sera troublé d’aucun rêve. Mourir, c’est retourner d’où nous venons. Pourquoi faudrait-il avoir peur ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Dis, maman, est-ce que c’est Dieu qui a voulu la guerre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Qui a voulu la guerre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Qui a voulu CETTE guerre ? Et les autres avant elle ? Il semble que l’épitaphe était écrite depuis le commencement. Ils disent : « la guerre est nécessaire », mais qu’en savent-ils, au juste ? Et que savent-ils des conséquences ? Que savent-ils de la mort, de la douleur ? Pour eux, tout se déroule derrière des murs d’indifférence que rien ne saurait ébranler et la souffrance - lointaine - n’est qu’un mal nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       S’il vous plait… Nous ne voulons pas mourir.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Mais qu’est-ce que vous croyez ? ! Personne ne veut mourir ! La mort, pourtant, est un principe inévitable : c’est le lot de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       PAS AINSI !! Nous ne désirons pas mourir ainsi ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Ils disent qu’à l’heure qu’il est, plusieurs vagues de missiles convergent au nord-est de la capitale. Ils disent aussi qu’il n’y a pas à s’en inquiéter, qu'elles devraient être interceptées avant de nous atteindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Je crois que nous allons mourir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Nous n’allons pas mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Maman, c’est quoi, cette lumière qui brille, tout là-haut ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       C’est un Ange, mon chéri. Allons, va dans ta chambre. Tu ne dois pas le regarder en face, c’est interdit. Si tu le fixes, il t’emportera sur ses ailes d’argent, de l’autre côté du Ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Le Seigneur…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Le Seigneur est mon berger.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Il faut partir. Tirer notre révérence. Le vent, le feu, le grondement des machines de mort... Quoi qu’il advienne, ne lâche jamais ma main. Nous partirons ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Nous partirons ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Qu’est-ce que vous racontez ? Rien n’est perdu ! Nous pouvons être sauvés ! ! Il suffit d’accepter…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Non, non, pas de cette manière-là ! Il n’y a pas de salut dans le choix que vous faites ! Vous ne survivrez pas !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Pas plus que nous ne survivrons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Vous ne mesurez pas la gravité de vos paroles. En réalité, vous souhaitez mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Oui. Peut-être bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Hélas, pourquoi faut-il toujours rejouer la même scène ? ! Pourquoi sommes-nous si peu pressés d’apprendre ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Arrêtez de vous lamenter ! ! Il n’y aura pas de morts, il n’y aura pas de guerre ! Reprenez-vous ! Toutes ces rumeurs, ce sont nos ennemis qui les lancent pour mieux nous affaiblir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Sauf qu’il n’y a pas d’ennemi…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Pas d’ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;-     &lt;em&gt;  Il n’y aura pas de guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;             « …tombé sur Chicago. D’après l’institut Deucalion de Nouvelle-Angleterre, les pertes humaines peuvent être estimées à 250 millions, dont un tiers sur notre territoire. Au vu d’un bilan aussi lourd, il sera impossible de déterminer l’identité des victimes avant l’institution d’une trêve. Toutefois, le gouvernement assure aux familles qu’il est de tout cœur avec elles dans cette terrible… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-       &lt;em&gt;Mes enfants ! ! Où sont mes enfants ? ! !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Il faut partir. Il faut passer la Porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Nous n’avons plus le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Nous n’avons plus le temps ! ! Viens avec moi, Eléanore ! C’est notre seule chance ! !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                Autour de moi, tout est fracas, cris de panique, clameurs à l’infini. Des voix, et uniquement des voix. Vibrantes, éraillées, lancinantes, que je peux reconnaître. Parmi elles se détache, plus distincte, la voix d’Eléanore. Parmi elles se détache, plus sourde, ma propre voix. Tous ensemble, nous crions, et nos cris se fondent au néant. Peu à peu, l’espace se déchire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-     &lt;em&gt;  Alors, c’est ça ? ! Cette lueur qui s’intensifie, qui se rapproche inéluctablement…Un reflet, un présage. Une étoile en plein jour qui n’apporterait que la mort pour seule promesse. Une mort rapide, instantanée. Trop douce, en somme. Du moins est-ce le vœu que je fais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Alors, c’est ça ? ! Voilà de quoi est capable l’être humain, quand on le laisse libre d’agir à sa guise ? ! Malédiction ! Pour tous, sans doute aurait-il été préférable que jamais il ne se redresse, que jamais il ne taille la pierre et que jamais, jamais il ne brandisse le poing pour défier l’univers ! Aujourd’hui, c’est la fin, notre fin, la fin de tout ce que nous avons pu représenter jadis ; aussi est-ce pour nous que j’écris ces dernières lignes : pour les enfants, pour l’insouciance, pour les cauchemars, les trahisons… Tous, tous, soyons maudits ! !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-     &lt;em&gt;  Allez, grand-père, raconte-nous une histoire. Avec un prince, de la magie, une belle princesse et une méchante sorcière. Un Palais de cristal, un lac, un cheval blanc, des cygnes de porcelaine, des fées, des lutins, des enfants. Raconte-nous une histoire où tout se termine bien, par un mariage, des rires et des chansons…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       « Il était une fois, un prince et une belle princesse… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Tout se termine ici, je suis navré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-       Tout se termine ici.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;                Ainsi parlent les fragments d’anciennes lamentations. Ainsi brûlent les tisons de mémoires oubliées. Et tous, ils ont raison. C’est là que notre histoire s’achève, là que les rires se taisent et que meurent les chansons : il n’y a plus de palais, plus de cygnes, plus de lacs, plus de fées, plus d’enfants. Mes paumes sont couvertes d’un sang qui n’est pas le mien, ma poitrine est comme transpercée d’une lance… Ces voix. Si seulement elles pouvaient se taire, me laisser dormir, cesser de faire mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;M’exaucer, simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;                Mais non ! Ce vœu n’est qu’un mensonge ; un mensonge de plus pour l’homme que j’étais car, en vérité, je voudrais pouvoir passer mon existence à écouter leurs plaintes, partager leur calvaire, souffrir comme j’aurais dû souffrir si je n’avais pas été lâche. Au-delà, souffrir avec elles. Est-il trop tard ? Sans doute. Tout ça n’est plus qu’un rêve, de vagues réminiscences, qui sont aussi un châtiment. Mérité, cela va sans dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;               &lt;br /&gt;-     &lt;em&gt;Je vous demande pardon.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                A peine ai-je esquissé ces mots que le vacarme se tait : seule cette phrase flotte encore, répercutée sous les arches d’une voûte invisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je vous demande pardon. Je vous demande pardon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous demande pardon. Je vous demande&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                                           Pardon.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-5235989047685858905?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/5235989047685858905/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=5235989047685858905' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5235989047685858905'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/5235989047685858905'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/07/mouvement-00-de-la-terre-la-lune_27.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 2'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6191092626263582597.post-4060100301075470337</id><published>2008-07-20T07:04:00.000-07:00</published><updated>2008-07-21T06:20:59.355-07:00</updated><title type='text'>Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 1</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;Le néant.&lt;br /&gt;Le froid, l’obscurité.&lt;br /&gt;Les ténèbres sans fin.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Le silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Tout commence ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas un souffle. Pas un battement de cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une douleur diffuse. L’engourdissement, l’oubli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La conscience, à peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flotter, lâchement, bercé par le mouvement d’ombres informes, indistinctes, entre le sombre et la lumière. L’épuisement. L’abandon. Tout est si pâle, si triste. La pureté livide de la brume, le matin, au-dessus des rivières ; le blanc du linceul, sur la peau d’une morte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous côtés, de hautes tours émergent du brouillard, dressées avec orgueil pour régner sur cette illusion de monde, s’élever tels d’immenses pierres tombales, d’insensibles bannières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des murs infranchissables…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Que je franchis pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Un peu inquiet, je me suis approché et j’ai posé mes doigts sur leurs surfaces luisantes. Les noms, les murmures, les visages, je ne reconnais rien. Dans ce royaume désert, je ne fais que rêver mon existence.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Qui suis-je ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Je n’arrive pas… Malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à me rappeler.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Suis-je mort ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Non, je le sais, j’en ai la certitude. Je rêve, simplement. Je rêve, je vais me réveiller. On se réveille toujours.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est obligé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelqu’un debout, à quelques mètres de moi ; quelqu’un qui me fait face... Quelqu’un vient d’apparaître sur les colonnes d’acier. Un fantôme. Un mirage, guère plus tangible que le monde alentour. Une silhouette fragile, délicate, que captent les miroirs pour en garder jalousement l’image et peupler de reflets cet univers gelé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Qui est-ce ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Peut-être… Tout est si flou. Peut-être une petite fille. A cause de la distance, je ne distingue pas bien ses traits, cependant il y a quelque chose. Quelque chose qui m’est familier. Un sentiment, une intuition. Je le devine : elle ressemble à Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui est Eléanore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai beau me concentrer, chercher, chercher encore, je n’arrive pas à rassembler assez de souvenirs, pas assez de moi-même. Je voudrais tant… Je voudrais tant pouvoir. C’est tellement difficile. Devoir se battre, se démener, ne plus savoir. Ne plus rien sentir d’autre, au fond de soi, que le vide ou l’absence. Sentir la perte, tout en ignorant ce qu’on a perdu, ce qui comptait tant à nos yeux… Déliquescence de la psyché. Fragmentation de l’être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Innommable supplice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle, elle m’a reconnu car elle me sourit, à présent, avec candeur et innocence, chaleur et compassion, de ce sourire charmeur qu’elle avait autrefois quand elle était en vie. Ensuite, gracieuse, elle tend sa main vers moi : l’éclat de son regard grandit, heurte les piliers, les envahit, dévore les stèles environnantes. Dès lors, il n’y a plus qu’elle, et moi, et son regard, d’une clarté fascinante, d’un éclat passionné : un regard pour lequel j’aurais pu mourir un millier de fois, et de mille façons différentes, et qui m’attire irrésistiblement, et qui m’invite à retourner près d’elle pour qu’enfin, à jamais, nous soyons réunis.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Eléanore.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais m’avancer, vraiment, hélas c’est impossible, ça l’a toujours été.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;Voyant que j’hésite, elle secoue la tête et le blond clair de ses cheveux s’attarde sur ses pommettes en étincelles dorées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Viens, &lt;em&gt;semble-t-elle supplier&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;ouvrant ses bras avec une douceur calculée&lt;/em&gt;. Viens, mon amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a de l’impatience, du désespoir dans sa prière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le voudrais, Eléanore, je le voudrais, qui que tu sois et qui que je puisse être. S’il y a une chose qu’au fond de moi, je n’ai pas oubliée, c’est que je n’ai jamais rien voulu d’autre. Que tu me manques au-delà des mots, au-delà des pleurs, de la peine qui me ronge… Plus que cette vie ne me manquerait si elle m’était reprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Te rejoindre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, oui, je le voudrais. De tout mon cœur, de toute mon âme, malgré l’abîme qui nous sépare. Bien que je ne sache pas qui tu es,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est mon vœu le plus cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu le peux, &lt;em&gt;dessine le rose de ses lèvres&lt;/em&gt;. Tu peux le faire. Tu n’as que trop tardé. Rejoins-moi, à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et son regard… Le bleu de ciel de son regard, il implore en silence :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai suffisamment attendu, Philip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;J’ai suffisamment attendu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Comment ne pas comprendre ? Comment rester de marbre, alors qu’elle m’appelle par mon nom, de cette voix si troublante au son de laquelle j’ai vécu pendant tellement d’années ? J’aurais voulu courir vers elle, la serrer contre moi, l’accompagner où qu’elle aille, où qu’elle désire m’entrainer, cependant je ne le peux pas. Je suis sincèrement désolé. Tu es morte, Eléanore. Il n’y aura pas de place pour moi à tes côtés, il n’y en aura jamais. Je ne veux pas te retrouver si c’est dans le sépulcre. Je suis vivant, tu m’entends ? !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai ! !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je rêve encore, je suis vivant ! !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu mens, Philip. Toi aussi, tu es mort, ne réalises-tu pas ? Il n’y a plus rien pour nous, ici. Il n’y jamais rien eu pour nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fuyant cette vérité, les échos de cette vérité, je me détourne et, tandis que je me détourne, son sourire disparaît, ses sourcils se chargent de reproches : tellement déçus, tellement tristes, tellement affligés... Les larmes trempent ses yeux d’une accusation muette et avec ces larmes, mes blessures se remettent à saigner. Je sais - elle sait - que je ne viendrai pas. Quelques paillettes, un miroitement : sans hâte, la voilà qui s’éloigne, qui se fond dans la brume en gouttelettes arc-en-ciel, emportant avec elle ce qui me fait défaut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mot, rien qu’un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une occasion unique vient de s’évanouir. Le Pardon que j’attends, je n’ai pas su le demander. Dorénavant, je serai seul, avec la peine et les remords. Pour les années passées, pour les années qui viennent, je devrai vivre avec, comme je n’ai que bien trop vécu : vivre du regret, de l’amertume pendant des siècles, des millénaires, peut-être même au-delà... &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6191092626263582597-4060100301075470337?l=philipdawson.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philipdawson.blogspot.com/feeds/4060100301075470337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6191092626263582597&amp;postID=4060100301075470337' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4060100301075470337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6191092626263582597/posts/default/4060100301075470337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philipdawson.blogspot.com/2008/07/mouvement-00-de-la-terre-la-lune.html' title='Mouvement 00 - De la Terre à la Lune - Segment 1'/><author><name>L.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04080665755903351599</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://bp1.blogger.com/_FhrnZwuu3J4/SBBYLxbUMXI/AAAAAAAAAAU/3bwVZU-6LSk/S220/PICT2713.JPG'/></author><thr:total>12</thr:total></entry></feed>
